L'affaire opposant le collectif pour la défense de la langue et de la culture sérères au producteur des séries "Dibor Sène" et "Dibor Sène à Dakar", Ibrahima Gueye, et qui a été plaidée le 22 juillet dernier, a été vidée mercredi 23 septembre 2026, par la 3e chambre correctionnelle du tribunal de Dakar. Dans son verdict, le juge a condamné ce dernier à une peine d'emprisonnement de 3 mois assortie du sursis et à une amende de 200.000 F Cfa pour des faits de diffamation et d'injures. Sur l'action civile, il doit payer la somme de 3 millions de dommages et intérêts à ce collectif qui avait lors du procès réclamé 100 millions et qui a été représenté par Issa Diouf, partie civile. Cette décision est assortie de la contrainte par corps au maximum. À l'origine, ledit Collectif accusait le producteur d'avoir "stigmatisé" l'ethnie sèrère dans ces deux séries. C'est à la suite de cela qu'une citation directe a été servie à la société Yadaaké Production qui est la productrice des séries, au producteur, Ibrahima Gueye et à la chaîne de télévision Sunu Yeuf.
En effet, les parties civiles ont soutenu avoir constaté, sur tous les épisodes de la série "Dibor Sène", des passages indignes de la communauté sérère portant principalement sur des injures à l'égard des Sérères, le comportement stigmatisant et "non civilisé" de personnages «sérèrisés», la ridiculisation de l'accent langagière sérère, le ciblage de l'ethnie sérère par ses noms propres de personne et de village, l'accoutrement anachronique et les rôles rabaissant associés à l'ethnie sérère. Selon eux toujours, la série comporte des propos et représentations stigmatisants visant la communauté sérère, présentés de manière répétée. Sur ce, ils avaient même demandé d'ordonner, en urgence, toutes mesures conservatoires propres à faire cesser ce qu'ils appellent une atteinte grave et manifestement illégale à la dignité humaine, résultant de la diffusion de ces séries audiovisuelles.
FDD