SENEGAL–MAROC Augustin Senghor appelle à la paix et dénonce la situation des 18 supporters bloqués




 
Dans un contexte de fortes tensions entre Dakar et Rabat après la Can, Augustin Senghor a encore haussé le ton. Devant Patrice Motsepe, il appelle à une médiation urgente, défend la position juridique du Sénégal et tire la sonnette d’alarme sur le sort de 18 supporters toujours bloqués.
 
En présence du président de la Caf, Patrice Motsepe en visite à Gorée, Augustin Senghor a livré une intervention dense sur les tensions entre le Sénégal et le Maroc. Entre diplomatie, bataille juridique et urgence humaine, l'ancien patron du football sénégalais a plaidé pour l’apaisement sans renoncer aux droits du Sénégal.
 
« Le sport est un espace de paix »
 
D’entrée, Augustin Senghor a posé le cadre : le sport, et en particulier le football, doit rester un vecteur de fraternité et de dialogue. « Aujourd’hui, le sport est un espace de paix, de fraternité. Même dans les situations où il y a des tensions ou des conflits entre nations, les portes du dialogue et de l’échange ne doivent jamais être fermées. »
Évoquant la notion de diplomatie, il souligne que les combats pour les intérêts des peuples peuvent être menés sans rompre le lien : « les combats pour l’intérêt de chaque pays seront menés jusqu’au bout, mais cela ne doit pas fermer la porte à la discussion. »
 
Un rôle central pour la Caf et Motsepe
 
Dans ce contexte, Senghor insiste sur la responsabilité de Patrice Motsepe, en tant que garant du football africain : « entre le Maroc et le Sénégal, cette compétition est organisée par la Caf. Ce n’est ni le Maroc ni le Sénégal. »
Après une finale qu’il qualifie de « très tumultueuse », il estime légitime une médiation : « prendre son bâton de pèlerin pour renouer le fil du dialogue entre les uns et les autres, ce n’est pas plus mal. »
 
Une situation « dramatique » pour 18 Sénégalais
 
Mais au-delà du litige sportif, Senghor met en lumière une dimension humaine qu’il juge prioritaire : « ce qui rend la situation encore plus dramatique, ce sont ces 18 Sénégalais qui, depuis la Can, n’ont pas pu rejoindre leurs familles. »
Il insiste sur leur statut : « ces fils du pays étaient partis pour supporter leur équipe. Nous ne sommes même pas sûrs qu’ils aient été directement mêlés aux incidents. »
Et va plus loin dans son propos : « ils ont été pris presque comme des otages. »
Tout en reconnaissant le droit des États à faire respecter leurs lois, il appelle à une solution rapide : « quand cela perdure, il faut trouver des solutions, qu’elles soient diplomatiques, étatiques ou sportives. »
 
Le Tas désormais seul juge
 
Sur le différend autour du trophée, Senghor clarifie la situation institutionnelle : « les organes indépendants de la Caf ont tranché. La Caf n’a plus la main. »
Le dossier est désormais entre les mains du Tribunal arbitral du sport : « les avocats vont faire leur travail et le droit sera dit. »
Avec une conviction assumée : « la réalité aujourd’hui, c’est que ce droit est du côté du Sénégal. Je l’assume et je le répète. »
 
Préserver l’essentiel : les relations entre les peuples
 
Malgré la tension, Senghor appelle à ne pas sacrifier les relations historiques entre les deux pays : « Le football ne doit pas être une source de division pour nos deux pays qui ont des relations anciennes. Il doit consolider ces relations. »
Il insiste sur la nécessité de recentrer le débat sur le terrain : « le football doit rester dans le cadre du rectangle vert. »
 
« Laisser le droit se dire, mais apaiser »
 
En conclusion, Augustin Senghor trace une ligne d’équilibre entre fermeté et ouverture : « sur le trophée, laissons le droit se dire. Mais pour le reste, il faut apaiser. »
 
 
LES ECHOS

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