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SCANDALE A BAKEL : 50 tonnes de maïs saisies, vendues en cachette... et un pactole mystérieux




 
Une saisie controversée de 50 tonnes de maïs par le service d'hygiène de Bakel débouche sur une vente aux enchères opaque et un imbroglio financier. Entre vices de procédure, écarts de prix vertigineux et sommes suspectes versées sans motif clair, l'Unacois/Yeesal monte au créneau pour exiger l'ouverture d'une enquête et la suspension immédiate de la remise de la marchandise.
L’affaire fait grand bruit dans le département de Bakel. Au cœur de cette tempête se trouve le calvaire d'Aliou Camara, un commerçant local dont les investissements tournent au cauchemar. Tout commence le 12 septembre 2026, lorsque la Sous-brigade d'hygiène de Bakel met la main sur un stock impressionnant de cinquante tonnes de maïs. Le motif invoqué est que la marchandise serait impropre à la consommation humaine.
Pourtant, le dossier présente d'emblée une anomalie de taille puisque le commerçant brandit un certificat phytosanitaire en bonne et due forme délivré le 9 septembre 2026, soit à peine trois jours avant la descente des agents. Cette contradiction flagrante sème le doute sur la réalité sanitaire du produit.
 
Une vente aux enchères opaque et un jeu de piste administratif
 
Saisi par le chef de la Sous-brigade, le président du Tribunal d'instance de Bakel avait ordonné la confiscation du maïs destiné initialement à l'alimentation du bétail. Mais c'est surtout la suite de la procédure qui relève du parcours du combattant. Un communiqué du Bureau des Domaines de Tambacounda annonçait une vente aux enchères publiques pour le 29 octobre 2026. Sauf que la réalité sur le terrain s'est avérée bien différente.
L'Unacois/Yeesal dénonce d'abord avoir reçu l'avis de vente dans la nuit du 28 au 29 octobre, soit à la veille de l'échéance, sans heure ni site précis autre qu'un laconique lieu indiqué comme Bakel. Le jour prévu, aucun point de vente n'a été constaté au lieu de stockage de la marchandise. Il a ensuite été indiqué aux membres de l'organisation que la vente aurait eu lieu dans les locaux du service d'hygiène, alors qu'un agent de ce même service a affirmé qu'aucune vente publique ne s'y était déroulée. Finalement, l'Unacois/Yeesal a appris que la vente aux enchères aurait eu lieu à la préfecture le 30 octobre 2026, et non le 29 octobre comme initialement annoncé.
 
Un acquéreur unique, des millions volatilisés et l'Unacois/Yeesal qui hausse le ton
 
Le flou artistique s'épaissit lorsqu'on s'intéresse aux chiffres. Acquis initialement par le commerçant pour la somme de 10.500.000 F Cfa, le stock de maïs fait l'objet d'un reçu de vente aux enchères qui ne mentionne que 2.575.000 F Cfa, le tout attribué à un acquéreur unique dont l'identité et les conditions de sélection restent secrètes. Qui l'a informé et combien d'autres enchérisseurs étaient présents reste un mystère. Pis encore, la faîtière des commerçants pointe du doigt le versement énigmatique de 750.000 F Cfa exigé et perçu par la Sous-brigade d'hygiène de Bakel, dont la base légale est totalement introuvable.
Face à ces ‘’incompréhensions’’, la section départementale de l'Unacois/Yeesal exige l'ouverture immédiate d'une enquête, la production des procès-verbaux de saisie et de vente, la clarification sur l'acquéreur ainsi que la suspension de la remise de la marchandise. L'organisation rappelle avec force que la transparence administrative et le respect de la loi ne sont pas des faveurs mais des exigences républicaines.
 
Samba THIAM
 
LES ECHOS

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