SANTÉ PUBLIQUE SOUS PRESSION : Le Sames brandit la menace de 48 heures de grève




 
Le secteur public de la santé se dirige vers une nouvelle zone de turbulences. À compter des mardi 8 et mercredi 9 septembre, les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes affiliés au Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) observent une grève totale de 48 heures.
 
Le Sames annonce une grève de 48h à partir de la semaine prochaine. Si les urgences et le service minimum seront assurés, le mouvement risque de perturber le fonctionnement des structures sanitaires publiques. Pendant ces deux journées, les grévistes arborent un brassard rouge, symbole d’une colère syndicale qui ne cesse de monter. À travers cette mobilisation, le Sames décide de forcer la main aux autorités. Le syndicat réclame des réponses concrètes à une plateforme revendicative déposée depuis 2023 et dénonce l’absence de progrès significatifs malgré des mois de discussions et de relances. « Nous avons donné du temps. Ce temps est écoulé », a lancé le secrétaire général national du Sames, Dr Diabel Dramé, lors d’une conférence de presse tenue à Keur Madia.
Pour le syndicat, « la grève est l’aboutissement d’une longue période de patience. Le Sames affirme avoir suspendu certaines actions à la demande des autorités et participé au processus d’élaboration du pacte en faveur de la stabilité sociale ». Mais faute d’engagements jugés satisfaisants, les blouses blanches ont décidé de passer à l’action. Le Sames réclame « un statut particulier pour le corps médical, le recrutement massif de médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes dans le secteur public, un régime indemnitaire plus équitable ainsi qu’une revalorisation des pensions de retraite » rappelle le syndicaliste. Le syndicat met surtout en avant un paradoxe qu’il juge préoccupant, « alors que plusieurs structures sanitaires souffrent d’un manque criant de personnel, de nombreux professionnels de santé restent sans emploi ». Ainsi, « le recrutement automatique à la fin de la formation, l’intégration des contractuels exerçant dans les zones difficiles et la prise en compte des années de contractualisation figurent également parmi les principales exigences » liste-t-il.
Le Sames porte aussi le combat sur le terrain des infrastructures. Il plaide pour « la création, à terme, d’un établissement public de santé de niveau 2 dans chaque département, ainsi que pour un meilleur accès aux équipements lourds comme les scanners et les IRM, dans les différentes régions ». Les conditions de formation des médecins spécialistes, les retards dans le paiement des primes de stage et la situation des professionnels en spécialisation constituent également des points de crispation.
Autre sujet sensible précise Dia bel Dramé. « La note circulaire du 19 août 2026, que le SAMES constitue une menace potentielle sur certains avantages liés au logement. Le SAMES prévient contre toute tentative de suspension ou de suppression de ces acquis ». Pour Dr Diabel Dramé, le combat dépasse les intérêts corporatistes. « Défendre les conditions de travail des médecins, c'est défendre la qualité des soins », soutient-il.
Après une série d’assemblées générales et d’actions de sensibilisation prévues dès le 2 septembre, les professionnels de santé passent à l’arrêt de travail les 8 et 9 septembre. Une évaluation est prévue le 10 septembre pour décider de la suite du mouvement.
Le Sames se dit toujours ouvert au dialogue. Mais cette fois, le syndicat exige des négociations sérieuses, avec des interlocuteurs capables de décider, un calendrier précis et des engagements concrets.
 
Fatou DIOP
 
 
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