SANCTIONS POST FINALE SENEGAL–MAROC : La Frmf, non satisfaite des sanctions du jury disciplinaire de la Caf,et interjette appel




 
La Caf pensait avoir clos le dossier. La Fédération royale marocaine de football a décidé de le rouvrir brutalement. Estimant que les sanctions disciplinaires infligées après la finale explosive Sénégal–Maroc sont largement en deçà de la gravité des faits, la Frmf a choisi la confrontation réglementaire. Appel officiel, courrier musclé, calendrier stratégique : la bataille de la Can 2025 se déplace désormais dans les couloirs du pouvoir du football africain.
 
La finale de la 35ᵉ Coupe d’Afrique des nations devait consacrer le football africain. Elle s’est transformée en scène de chaos. Et, pour la Fédération royale marocaine de football (Frmf), en symbole d’un grave dysfonctionnement disciplinaire. Quelques jours après la notification des décisions du Jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (Caf), la Frmf a tranché : elle n’accepte pas le verdict et interjette officiellement appel.
Dans le viseur de la Fédération marocaine, une série d’événements jugés majeurs et insuffisamment sanctionnés. Le 18 janvier 2026, la finale Sénégal–Maroc est marquée par le "retrait de l’aire de jeu des joueurs et membres du staff sénégalais, l’envahissement de la pelouse par des supporters, des affrontements violents et une interruption prolongée d’un match censé être la vitrine continentale du football africain". Un préjudice, selon la Frmf, qui dépasse le cadre d’un simple incident de fin de match.
 
Des sanctions qui ne passent pas
 
Sur le plan disciplinaire, la Caf a chiffré les débordements. La Fédération sénégalaise de football a été sanctionnée d’une amende globale de 615.000 dollars, tandis que plusieurs responsables et le coach Pape Thiaw écopent une amende de 100.000 dollars.
Côté marocain, les sanctions sont apparues plus limitées : un match de suspension avec sursis pour Achraf Hakimi, trois matchs de suspension pour Abdessamad Ezzalzouli (Saibari) et une amende fédérale de 315.000 dollars.
Un déséquilibre que la Frmf juge incompréhensible au regard du déroulement de la finale. Dans un courrier adressé au président de la Caf, le président de la Fédération marocaine estime que les décisions du Jury disciplinaire ne sont ni proportionnelles à la gravité des incidents, ni dissuasives, ni protectrices de l’intégrité des compétitions africaines.
 
Un appel aux allures de mise en cause institutionnelle
 
En décidant d’interjeter appel, la Frmf ne se contente pas de demander une relecture technique du dossier. Elle remet en cause une lecture des faits, une hiérarchie des responsabilités et, plus largement, la gestion des crises par l’instance continentale. Le message est clair : une finale de Can ne peut pas sombrer dans le désordre sans conséquences exemplaires.
Derrière le ton juridique, la démarche est éminemment politique. La Frmf, acteur majeur du football africain, refuse que cette finale soit classée comme un simple accident de parcours. Elle exige que cet épisode fasse jurisprudence et serve de référence disciplinaire pour l’avenir. Une manière aussi de placer la Caf face à ses propres contradictions, à un moment où sa gouvernance est régulièrement questionnée.
 
Dar es Salaam, rendez-vous sous haute tension Le 13 février
 
Le calendrier ajoute une dimension stratégique à ce bras de fer. Le Comité exécutif de la Caf se réunira le 13 février prochain à Dar es Salaam, en Tanzanie. Une date désormais centrale. Officiellement consacrée aux affaires courantes de l’instance, cette réunion se tiendra dans un contexte de pression médiatique et institutionnelle maximale.
À Dar es Salaam, la Caf devra soit assumer pleinement ses décisions disciplinaires, soit accepter d’ouvrir une brèche dans un dossier devenu explosif. Chaque mot, chaque signal envoyé depuis la Tanzanie sera scruté. Car au-delà de l’appel de la Frmf, c’est la crédibilité de la justice disciplinaire africaine qui se joue.
 
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