Il y a deux façons de répondre à une sanction. Lever le poing, crier à l’injustice, saisir toutes les commissions possibles. Ou faire l’inverse. Baisser le rideau. Sortir le chéquier. Et passer à autre chose. Ce 31 janvier 2026, la Fédération sénégalaise de football a choisi la deuxième option. Pas d’appel. Pas de bataille. Pas de grand discours. Juste un communiqué, bien rangé, presque trop calme pour une affaire qui coûte cher et laisse des traces. Le calme après la tempête mais aussi l’envie de passer à l’étape suivante : concentration sur la préparation de la Coupe du monde 2026.
La Fédération sénégalaise de football a officiellement tourné la page du bras de fer disciplinaire avec la Caf. Le Sénégal a choisi de plier sans combattre. Dans un communiqué publié ce 31 janvier, la Fédération sénégalaise de football annonce qu’elle renonce à tout appel après les lourdes sanctions infligées par la Caf. Une décision rare, presque politique, qui acte une chose : le Sénégal paiera tout, pour ses dirigeants, son sélectionneur et ses joueurs. Au prix fort. Et sans procès.
Le Sénégal a choisi de ne pas jouer ce match-là. De payer, oui. De tourner la page, surtout.
Zéro appel, zéro contestation
C’est un renoncement total. La Fsf a officiellement notifié à la Confédération africaine de football sa décision de ne pas interjeter appel de la décision disciplinaire DC23315, rendue le 28 janvier 2026. Ni contestation juridique, ni bataille procédurale, encore moins une tentative d’allègement.
Les sanctions sportives et financières sont acceptées dans leur intégralité, y compris celles visant directement des figures majeures de la sélection nationale. La renonciation concerne explicitement les mesures disciplinaires prises contre : la Fsf, Pape Bouna Thiaw, Ismaïla Sarr et Iliman Cheikh Baroy Ndiaye.
Autrement dit, aucun fusible ne sautera, aucune sanction ne sera isolée ou renégociée. Le bloc est assumé.
Renoncer pour clore
Si la Fsf accepte les sanctions, elle n’abandonne pas pour autant sa posture institutionnelle. Fidèle à sa ligne de conduite, la fédération réaffirme sa détermination à défendre ses droits et intérêts légitimes, tout en inscrivant désormais son action dans le strict respect des règlements de la Caf.
Un équilibre assumé entre fermeté diplomatique et volonté d’apaisement, avec en toile de fond un objectif affiché : préserver l’intégrité du jeu et le rayonnement du football africain.
Les chiffres : la facture noire sur la table
La Fsf confirme qu’elle prendra à sa charge l’ensemble des sanctions financières, conformément à l’article 91.4 du Code disciplinaire de la Caf.
Parce qu’au bout du communiqué, il y a les chiffres. Et eux, ne négocient pas. 615.000 dollars US d’amende pour la Fédération sénégalaise soit environ 370 millions F Cfa et 100.000 dollars US infligés à Pape Bouna Thiaw soit environ 60 millions F Cfa intégralement couvertes par la Fsf. Un total estimé : plus de 430 millions F Cfa assumés par la fédération. Un choix financier lourd, mais stratégique.
Une posture qui interroge
En acceptant la sanction sans appel, la Fsf ferme un chapitre douloureux, mais ouvre un autre débat : fallait-il se battre ? Fallait-il contester ? Ou fallait-il, comme aujourd’hui, payer pour préserver l’avenir ?
Dans un football continental où les relations comptent parfois plus que les précédents juridiques, se taire peut être une façon de parler.
Et maintenant ? Le Sénégal a tranché, sans bruit mais à un prix record.
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