SACCAGES À L'UCAD : LES 500 MILLIONS DE FCFA QUI FACHENT Les étudiants déchirent la rapport du Coud et chargent les FDS ​




Le bras de fer se durcit entre les autorités universitaires et les étudiants de Dakar. Alors que le Coud évalue les dégâts des récents affrontements à un demi-milliard de francs Cfa, le Collectif des amicales de l'Ucad sort du bois. Dans un communiqué incendiaire publié ce 14 février, les représentants des étudiants rejettent en bloc ces accusations et pointent du doigt la responsabilité des forces de l'ordre.
 
 
​ Entre les débris de verre et les murs calcinés, c'est désormais une bataille de chiffres et de responsabilités qui s'engage. Le chiffre est tombé comme un couperet : 500 millions de F CFA. C'est l’évaluation des destructions faite par le Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud). Une ardoise salée que les autorités comptent bien faire porter aux étudiants actuellement entre les mains de la Police centrale.
 
​«Un étudiant ne peut pas être responsable de tels dégâts»
 
​Pour le Collectif des amicales de l'Ucad, la pilule ne passe pas. Dans un document officiel dont nous avons obtenu copie, les délégués crient au complot. «Comment un étudiant pourrait-il, à lui seul, être tenu pour responsable de destructions d'une telle ampleur ?», s'insurgent-ils. Pour eux, l'accusation est «cynique» et vise uniquement à alourdir le dossier judiciaire de leurs camarades privés de liberté.
​Le Collectif ne se démonte pas et va plus loin. S'appuyant sur les informations de leurs avocats, ils affirment que les charges reposent uniquement sur ce rapport du Coud qu'ils jugent infondé.
 
​Des vidéos qui accablent les forces de l'ordre
 
​L'offensive ne s'arrête pas là. Les étudiants retournent l'accusation contre les forces de défense et de sécurité. Selon le communiqué, des vidéos largement diffusées montreraient des policiers en train de détruire eux-mêmes des édifices et des biens appartenant aux étudiants. Une stratégie de défense offensive qui vise à laver l'honneur de la communauté estudiantine.
 
​L'ombre d'Abdoulaye Ba plane sur le campus
 
​Au-delà de la bataille matérielle, c'est le sort des détenus et la mémoire d'Abdoulaye Ba qui animent la contestation. Le Collectif exige la libération immédiate de ses membres et réclame justice pour leur «frère» tombé dans ce conflit qui, rappelons-le, a pour origine le retard de paiement des bourses.
​Le message est clair : les étudiants sont prêts à la résistance. «Nos actions détermineront notre capacité à faire preuve de solidarité», prévient le Collectif.
 
 
 
Samba THIAM 
 
 
LES ECHOS

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