La tension sociale monte d’un cran. Le Front Syndical pour la Défense du Travail (FSDT) a annoncé, jeudi, une vaste montée en puissance de son combat contre le gouvernement, avec en ligne de mire une journée de grève générale prévue le 25 juin 2026 et un sit-in devant l’Assemblée nationale. Le courroux des syndicalistes c’est ce qu’ils considèrent comme une «trahison», des engagements pris par l’État dans le cadre du dialogue social.
Réunie en Conférence des Secrétaires généraux, la coalition syndicale a affiché une colère froide mais déterminée après le dépôt à l’Assemblée nationale des projets de loi portant sur le Code du Travail et le Code de la Sécurité sociale. Une démarche qualifiée de « passage en force » par les responsables syndicaux, qui accusent le gouvernement d’avoir piétiné les conclusions de la rencontre tripartite tenue à la Primature le 2 avril dernier sous la présidence du Premier ministre.
Dans un communiqué rendu public, le FSDT a annoncé qu’il était convenu qu’une relecture « inclusive et consensuelle » des deux textes serait organisée avant toute transmission aux députés. Le front syndical affirme avoir appris « avec stupéfaction et consternation le dépôt des projets de loi, dénonçant une violation flagrante des engagements pris devant les partenaires sociaux » renseigne le texte.
En outre, les syndicats parlent désormais d’une « remise en cause grave du dialogue social et d’une provocation inacceptable à l’endroit du mouvement ouvrier ». Pour eux, « cette décision unilatérale marque une rupture de confiance majeure entre l’État et les travailleurs » se désolent les syndicalistes désormais sur le pied de guerre.
Cette crise intervient alors que les centrales syndicales sortaient d’un 1er mai marqué par une rare démonstration d’unité. Le FSDT s’est d’ailleurs félicité de la « mobilisation exceptionnelle des travailleurs lors du défilé unitaire organisé autour des douze centrales syndicales ». Le dépôt d’un cahier unitaire de doléances avait été présenté comme un signal fort en faveur d’un dialogue social apaisé et responsable.
Mais à peine quelques semaines plus tard, le climat semble avoir radicalement changé. Le front syndical estime que « les réponses apportées par le président de la République lors de l’audience du 1er mai n’ont pas répondu aux attentes légitimes des travailleurs ». Plusieurs revendications phares du Pacte national de stabilité sociale demeurent, selon lui, sans avancées concrètes.
Parmi les points de blocage figurent, « la réintégration des travailleurs licenciés abusivement, l’extension de l’indemnité de logement aux contractuels du secteur de la santé, ainsi que le respect intégral des engagements contenus dans le pacte signé avec les partenaires sociaux ». Face à cette situation, le FSDT a décidé d’engager une stratégie de riposte progressive tout au long du mois de juin. Le calendrier annoncé traduit une volonté claire de préparer un rapport de force national. « Un comité technique élargi sera convoqué le 5 juin, avant une assemblée générale des délégués syndicaux de base prévue le 15 juin afin de définir les modalités de la mobilisation ».
Le front syndical « prévoit des tournées dans les régions pour informer et mobiliser les travailleurs, avant l’organisation d’un sit-in devant l’Assemblée nationale lors de l’examen des projets de loi contestés ». Point culminant de cette montée en pression, « une journée de grève générale fixée au 25 juin 2026, qui pourrait fortement perturber plusieurs secteurs d’activité à travers le pays » renseignent les syndicalistes déçus de l’attitude du gouvernement.
Tout en réaffirmant son attachement à un « dialogue social sincère, responsable et respectueux, le FSDT avertit qu’aucune paix sociale durable ne peut être construite sur le mépris, les passages en force et la marginalisation des représentants légitimes des travailleurs ».
Fatou DIOP