RISQUE PAYS : le Sénégal maintenu en catégorie 7 par l’Ocde Conséquences : accès plus difficile et plus coûteux aux financements internationaux, avec des taux d’intérêt plus élevés et des exigences accrues en matière de garanties




 
Le Sénégal reste classé en catégorie 7, soit le niveau de risque le plus élevé, dans la dernière classification des risques pays publiée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde), en date du 30 janvier 2026. Les conséquences sont dramatiques : accès plus difficile et plus coûteux aux financements internationaux, avec des taux d’intérêt plus élevés et des exigences accrues en matière de garanties
 
 
 
Cette note, inchangée par rapport à la précédente évaluation, s’inscrit dans le cadre de l’Arrangement sur les crédits à l’exportation bénéficiant d’un soutien public, un mécanisme de référence utilisé par les États, les banques internationales et les agences de crédit à l’exportation.
Le système de classification de l’Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde) classe les pays sur une échelle allant de 0 à 7, où 7 correspond au risque le plus élevé en matière de capacité de remboursement des engagements financiers extérieurs. Cette évaluation repose sur des critères macroéconomiques, budgétaires et financiers, et vise à mesurer le risque encouru par les créanciers publics et privés.
Pour le Sénégal, cette note signifie un accès plus difficile et plus coûteux aux financements internationaux, avec des taux d’intérêt plus élevés et des exigences accrues en matière de garanties. Elle influence directement les conditions de financement des projets d’infrastructures, d’énergie ou d’industrialisation.
 
Une économie sous pression
 
Le maintien du Sénégal dans cette catégorie reflète un contexte économique marqué par des tensions sur les finances publiques, une dette jugée élevée et une exposition accrue aux chocs extérieurs. Selon la méthodologie de l’Ocde, ces facteurs pèsent lourdement dans l’appréciation du risque pays.
Toutefois, cette classification ne constitue ni une sanction ni un jugement politique. Elle représente un outil d’évaluation financière, régulièrement mis à jour, et susceptible d’évoluer en fonction des réformes économiques et de l’amélioration des indicateurs macroéconomiques.
 
Un signal pour les investisseurs et les autorités
 
Sur le plan de l’investissement, cette note incite les partenaires économiques à la prudence. En effet, les agences de crédit à l’exportation et les institutions financières internationales s’appuient sur cette classification pour fixer leurs conditions d’intervention.
Des analystes rappellent cependant que le Sénégal conserve des atouts structurels importants, notamment dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et de l’agriculture, susceptibles d’améliorer progressivement la perception du risque.
 
Une note appelée à évoluer
 
La classification de l’Ocde est révisée périodiquement. Une amélioration de la trajectoire budgétaire, une gestion plus soutenable de la dette et une croissance économique durable pourraient, à terme, permettre au Sénégal de sortir de la catégorie de risque la plus élevée.
En attendant, cette note agit comme un signal d’alerte économique, appelant à renforcer la crédibilité financière du pays et à consolider la confiance des partenaires internationaux.
Samba THIAM
 
LES ECHOS

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