Ce matin, les députés de la XVème législature sont convoqués en plénière pour examiner la proposition de loi portant sur une révision constitutionnelle. Une proposition qui fait l’objet de controverse. Face à la presse, les leaders de la coalition Diomaye Président ont fustigé cette proposition. Ils accusent Sonko et ses députés de tous els noms d’oiseaux.
Sauf changement de dernière minute, la majorité parlementaire va acter la réforme constitutionnelle qui fait pourtant l’objet de beaucoup de critiques. La coalition Diomaye Président, sous la présidence de Aminata Touré, a fait fait hier un point de presse pour charger Ousmane Sonko et appeler les députés de Pastef à la retenue.
Aminata Touré a directement accusé Ousmane Sonko et les députés de Pastef de vouloir faire de l’Assemblée nationale un outil de revanche. «C’est de la pure politique politicienne. Au moment où chaque Sénégalais peine à assurer la dépense quotidienne, les députés qui disent nous représenter sont plus occupés à gonfler les pouvoirs du président de l’Assemblée nationale», a fait savoir Aminata Touré, qui reconnaît la nécessité d’améliorer tout système démocratique. C’est la raison pour laquelle, explique-t-elle, le Président Bassirou Diomaye Faye s’est basé sur les conclusions des concertations nationales pour travailler sur des projets de lois dans ce sens. «Malheureusement, l’Assemblée nationale a complètement détourné ce projet de réforme de la Constitution à travers des amendements grossiers des députés de Pastef. Au fond, ils veulent en faire une opération de représailles : diminuer les prérogatives et pouvoirs du président de la République pour augmenter en retour ceux du président de l’Assemblée nationale, juste parce qu’on a limogé un Premier ministre qui n’arrive pas à avaler la pilule», fulmine Aminata Touré.
Mimi Touré : «Des amendements grossiers»
Pire, indique la superviseure de la coalition Diomaye Président : «les députés de Pastef veulent préserver leur salaires et avantages. Dans leurs amendements, ces derniers proposent que le président de la République ne puisse dissoudre l’Assemblée qu’une seule fois durant son mandat, mais que les députés, eux, aient la possibilité censurer le gouvernement autant de fois qu’ils le souhaitent. Ils veulent que chaque Premier ministre se présente devant l’Assemblée nationale dans les 3 mois après sa nomination, alors que l’ancien Premier ministre devenu président de l’Assemblée nationale a attendu 8 mois avant de se rendre à l’hémicycle», assure-t-elle.
Aminata Touré reconnaît qu’empêcher le président de la République d’être un chef de parti était une noble proposition, mais ils se sont rendu compte que les adversaires du Président Diomaye Faye en ont fait une arme contre lui. «Cette idée est devenue un grand risque pour la République, elle est en train d’être utilisée pour affaiblir le président de la République. Ils veulent nous imposer un régime parlementaire en réalité», promet Mimi Touré.
Mimi Touré : «Le Président a choisi la voie du référendum»
Cette derniere pense que si l’Apr avait fait appliquer cette réforme constitutionnelle, Pastef ne serait pas là où il l’est actuellement. La superviseure de la coalition Diomaye Président de lever un coin du voile sur la réponse du Président Bassirou Diomaye Faye à l’avis demandé par l’Assemblée sur la proposition de loi. «Quand ils lui ont demandé son avis, le Président leur a dit que ces genres de réformes passent par un référendum. Et rappelons que c’est le Président qui décide de la date propice pour organiser ce référendum», prévient-elle.
Abdourahmane Diouf révèle: «il est l’initiateur, le penseur, le demandeur du fameux report de la présidentielle de 2024»
Abdourahmane Diouf, lui, a préféré se prêter à la synthèse du problème qui a conduit à cette situation. «C’est l’histoire entre un homme et ses intérêts personnels et une République et ses intérêts collectifs. La première partie, c’est l’épisode de la manipulation en 2023 et 2024», renseigne le ministre de l’Energie qui déballe : «en 2024, la candidature du Président Bassirou Diomaye Faye s’est imposée, alors que certains manœuvraient pour un report de l’élection. Quand il dit que c’est grâce à lui que Bassirou Diomaye Faye est devenu président de la République alors que c’est rigoureusement inexact et c’est totalement faux».
Diouf désigne Ousmane Sonko comme «l’initiateur, le penseur, le demandeur du fameux report de la présidentielle de 2024, pour qu’il puisse être candidat à cette élection. C’est quand il a vu qu’il y avait un phénomène de meute qu’il a eu peur et s’est dégonflé et a créé la fameuse théorie de c’est lui qui a désigné le President Diomaye», declare t-il.
Abdourahmane Diouf persiste et signe. Il y a un détournement d’objectif à l’Assemblée nationale parce tous les députés élus sur la liste de Pastef ont bénéficié du vote des Sénégalais qui ont decidé de donner une majorité au Président Diomaye pour qu’il puisse gouverner sereinement. «C’est un reniement de la part de ces députés qui travaillent aujourd’hui contre le président de la République. C’est une démarche de trahison».
Le ministre de l’Energie de tirer à boulets rouges sur Ousmane Sonko. «Se déclarer guide de la révolution au sein de l’hémicycle, c’est une forfaiture. Il aurait pu le déclarer dans n’importe quel quartier de Dakar, cela nous laisserait de marbre. Nous sommes en République et nous n’avons pas de guide, nous avons un Président. Nous n’avons pas de révolution mais une démocratie. Alors nous n’avons que faire d’une révolution de perlimpinpin, cela ne nous intéresse pas », fulmine-t-il avant de poursuivre : «le quatrième épisode de cette histoire est celle de la cupidité. Avoir un fonds politique d’un milliard sept cent soixante dix millions par an, soit cinq (5) millions par jour, pendant deux ans et vouloir accuser le monde entier de cupidité, c’est ahurissant», affirme Abdourahmane Diouf, qui qualifie la position actuelle des Ousmane Sonko d’inélégance républicaine.
Aldiouma Sow : «le régime parlementaire est à l’origine de toutes les crises que le monde a connues»
Selon Aldiouma Sow, il y a une tentative d’instaurer un régime parlementaire absolu, en rupture avec notre histoire politique, orchestrée par une frange, un segment du parti Pastef. «Ils veulent effacer l’équilibre des pouvoirs qui était l’une des caractéristiques de notre histoire politique. Le régime parlementaire est à l’origine de toutes les crises que le monde a connues», affirme ce cadre de Pastef qui évoque l’histoire de Hitler qui avait changé les règles du jeu en tant que majoritaire à cette époque.
En tant que témoins de l’histoire qui a fréquenté le Président Bassirou Diomaye Faye depuis plus d’une décennie, le ministre conseiller assure que si le Président Bassirou Diomaye Faye a décidé de démissionner de son poste de secretaire général de Pastef, c’est parce qu’il était convenu que le leader de Pastef aille aux élections législatives avec nos alliés politiques. Mais, souligne-t-il, tout le monde a vu ce qui s’est passé.
Nd. Kh. D. F