REVISION CONSTITUTIONNELLE AU SENEGAL : Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil dénoncent un affaissement des acquis majeurs de notre démocratie et un affaissement des prérogatives du président de la République




 
 
L’examen en procédure d’urgence de la proposition de révision constitutionnelle à l’Assemblée nationale suscite de vives réactions. Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil, deux anciens députés, alertent sur une réforme menée sans consensus et porteuse de risques pour la stabilité institutionnelle.
 
 
Les anciens députés Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil alertent sur les risques institutionnels de la réforme et dénoncent une méthode jugée contraire à la tradition politique sénégalaise. «Sous couvert d’une révision constitutionnelle présentée comme une simple adaptation institutionnelle, la majorité parlementaire s’apprête à engager notre pays dans une transformation profonde de son architecture politique», ont-ils écrit, ajoutant que «cette transformation n’a jamais fait l’objet d’un véritable débat national, n’a été précédée d’aucune consultation des forces vives de la Nation et ne repose sur aucun consensus républicain», ont-ils estimé.
Poursuivant, les deux anciens parlementaires estiment que le texte soumis au vote a été profondément modifié par rapport à sa version initiale. «Le texte actuellement soumis au vote de l’Assemblée nationale apparaît comme une version dénaturée et radicalisée de l’avant-projet initialement porté par le président de la République», ont-ils dénoncé, critiquant également la méthode d’examen de la réforme.
«Ces modifications, introduites dans la précipitation et sans véritable concertation avec les forces politiques et sociales du pays, ne procèdent d’aucune exigence démocratique clairement exprimée par les Sénégalais», ont-ils affirmé.
Selon eux, cette dynamique rompt avec une tradition politique fondée sur le dialogue. «Depuis l’indépendance, chaque réforme institutionnelle majeure a été précédée d’un dialogue politique, d’échanges avec les forces sociales et d’une recherche permanente de compromis», ont-ils rappelé, estimant que « la culture du consensus a longtemps constitué l’une des forces du modèle démocratique sénégalais», ont-ils ajouté.
Les deux hommes politiques mettent ainsi en garde contre les conséquences institutionnelles du texte. En effet, alertent-ils, «les amendements récemment introduits donnent le sentiment d’une volonté de faire évoluer notre régime vers une forme de parlementarisme conflictuel, exposant le pays à des risques permanents de blocages institutionnels et d’instabilité politique».
Enfin, les anciens députés appellent les parlementaires à s’opposer à la réforme dans sa forme actuelle. «L’opposition parlementaire a le devoir de s’opposer lorsqu’elle estime que les intérêts supérieurs de la Nation sont menacés », ont-ils écrit, avant de conclure que « lorsque les fondements de la République sont en cause, le silence devient une faute et l’abstention une démission», ont-ils insisté.
 
 
 
 
 
Sidy Djimby NDAO
 
 
 
LES ECHOS

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