La première réunion virtuelle officielle entre le Sénégal et ses créanciers extérieurs s'est tenue, hier, sous la houlette du Fmi. Lors de cette téléconférence, le Sénégal a opté pour l’allongement des délais pour rembourser ses obligations, choisissant ainsi de privilégier un reprofilage de sa dette plutôt qu'un défaut de paiement.
Dans le cadre du traitement de sa dette en devises étrangères, le Fmi a initié hier une première rencontre virtuelle entre les autorités sénégalaises et les bailleurs. Lors de cette téléconférence, les autorités sénégalaises ont partagé de manière transparente l'état des finances publiques et de la viabilité budgétaire, notamment à la suite des récents audits sur la situation financière du pays. Pour leur part, les équipes du Fmi ont présenté aux bailleurs les conclusions de leur récente mission à Dakar, axée sur les réformes structurelles à mener et les prérequis pour maintenir la viabilité économique à moyen terme. Ainsi, parmi les trois pistes envisageables pour alléger le fardeau de la dette : l'arrêt temporaire des remboursements ; la baisse des taux d'intérêt/coupons ; ou l'extension de la maturité, l'État du Sénégal a manifesté sa volonté d'obtenir plus de temps pour rembourser ses obligations, choisissant ainsi de privilégier un reprofilage de sa dette plutôt qu'un défaut de paiement. A cet effet, le gouvernement a mis en avant son Programme de traitement de la dette du Sénégal (Ptds) pour prouver son engagement auprès des partenaires internationaux. Cette rencontre a aussi permis au Sénégal d’identifier l’ensemble de ses prêteurs dont la Chine avec environ 8% de la dette extérieure du Sénégal, suivie de la France, de l'Inde, de l'Allemagne, du Japon, etc. En plus des créanciers du secteur bancaire privé et des marchés d'obligations (en euros et en dollars). Pour rappel, cette réunion virtuelle marque l'ouverture officielle d'un cycle de négociations techniques indispensables pour le pays, dont le but ultime est de rendre la trajectoire financière du Sénégal pleinement soutenable selon les critères internationaux.
M. CISS