RETRAITE À 65 ANS, PAIEMENTS GARANTIS ET RÉVOLUTION NUMÉRIQUE EN VUE : Le G7 suspend sa grève et retrouve les classes après l’accord avec État




 
 
 
Après 52 heures de négociations intenses, le gouvernement sénégalais et les syndicats d’enseignants du G7 ont scellé un protocole d’accord aux implications majeures. Réforme de la retraite, régularisations financières et digitalisation du système éducatif, les engagements pris dessinent un tournant décisif vers une paix sociale durable.
 
Le Gouvernement et les syndicats d’enseignants regroupés au sein du G7 ont franchi un cap déterminant dans leurs relations, à l’issue d’une session de travail marathon tenue les 13 et 14 avril 2026. Ces discussions approfondies ont permis de stabiliser un projet de protocole d’accord ambitieux, centré sur la revalorisation de la carrière enseignante et la modernisation de la gestion administrative.
 
 
Age de départ à 65 ans
 
Parmi les avancées majeures figure «la réforme du régime de retraite». L’État a validé «le relèvement de l’âge de départ à la retraite à 65 ans», une mesure longtemps débattue, ainsi que «le reversement des enseignants au Fonds national de retraite». Cette décision, hautement symbolique, s’accompagne d’une autre mesure forte, «la mise en place immédiate d’un guichet unique pour les enseignants dits décisionnaires», afin de faciliter l’application des décrets récemment adoptés et mettre fin à une attente sociale qui perdurait depuis plusieurs années.
Sur le plan financier, les engagements pris se veulent concrets et mesurables. Le gouvernement s’est engagé à «installer, d’ici fin mai 2026, un comité ad hoc chargé de corriger les surimpositions et de procéder aux remboursements nécessaires. L’apurement des arriérés de rappels», sujet sensible dans les négociations, est désormais inscrit dans la Loi de finances initiale de 2028. Dans le même élan, les autorités ont garanti le paiement intégral des indemnités dues aux intervenants extérieurs des commissions de correction pour les sessions allant de 2023 à 2025. Ces versements devront être effectifs au plus tard à la fin du mois de juin 2026, mettant ainsi fin à une longue période d’attente et de frustrations.
Au-delà des mesures financières, c’est toute l’architecture administrative du système éducatif qui est appelée à évoluer. Le gouvernement a ainsi pris l’engagement de procéder à une digitalisation complète des actes de gestion d’ici à la fin de l’année 2027. Cette transformation s’accompagnera de l’interconnexion, avant fin 2026, de plusieurs plateformes clés de gestion, notamment Mirador, Girafe 2 et Solde.
Ces innovations techniques visent à corriger les lenteurs administratives souvent décriées par les enseignants et à améliorer la transparence dans le traitement des dossiers. Dans cette dynamique, la régularisation des cotisations sociales des maîtres et professeurs contractuels est également programmée d’ici juin 2027, une mesure attendue de longue date par les concernés. Pour garantir l’effectivité de ces engagements, un dispositif de suivi rigoureux a été mis en place. Il repose sur un Comité technique sectoriel présidé par le ministre de la Fonction publique, avec des réunions de coordination trimestrielles destinées à évaluer l’état d’avancement des réformes et à lever les éventuels blocages.
Certes, certains points restent encore en discussion, notamment la question de la défiscalisation des rappels et celle du reversement en hiérarchie B2. Toutefois, l’ampleur des avancées enregistrées à ce stade témoigne d’une volonté commune d’aboutir à un compromis durable.
 
 
Fatou DIOP
 
 
LES ECHOS

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