Alors qu’on attendait d’elle qu’elle sauve son honneur en faisant bonne figure avec le transport des pèlerins aux Lieux saints de l’Islam, Air Sénégal est une nouvelle fois complètement passée à côté. La compagnie nationale a, en effet, fait vivre l’enfer aux futurs pèlerins à l'Aibd, convoquant des passagers depuis vendredi soir pour un vol prévu à 06h40, le samedi 1er juin. Ces passagers qui espéraient tant quitter Dakar ont su, à l'heure du départ et après les formalités, qu’ils ne pourront pas voyager. Le pire est que devant un tel brouhaha, Air Sénégal a semblé perdre sa voix, se limitant à dire à ses clients il n’y a pas d'avion. Devant cette situation, le ministre des Transports aériens, Malick Ndiaye a soutenu que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour qu’il n’y ait aucun couac. L’autorité dira que sur les 11 vols programmés, les neuf sont partis à temps, avec plus de 3500 pèlerins. De leur côté, les voyagistes privés sont dans le plus grand désarroi ne sachant pas à quel saint se vouer.
Quand, allant à la rescousse des pèlerins qui ont manifesté leur colère ce samedi pour exiger des vols vers La Mecque, il a déclaré aux futurs pèlerins : «nous reconnaissons le tort qu’Air Sénégal vous a causé», le Directeur général de l'Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) savait que la solution pour décanter la situation ne se profilait pas à l’horizon. En effet, allant à leur rencontre le samedi, Cheikh Bamba Dièye a tenu à rassurer les pèlerins. «Nous reconnaissons le tort qu'Air Sénégal vous a causé. Des mesures seront prises pour résoudre la situation», a-t-il assuré. Il exige aux pèlerins de rester calmes et de faire preuve de patience et que des solutions seront trouvées. Le Directeur général de l'Aibd indique que les vols vers La Mecque seront bientôt disponibles et que les pèlerins pourront réaliser leur voyage sans désagrément.
Pourtant depuis lors, la solution tant attendue par les futurs pèlerins qui veulent rejoindre les Lieux saints de l’Islam pour accomplir leur devoir de musulmans n’est toujours pas arrivée. Il faut dire que la compagnie nationale Air Sénégal, déjà très critiquée pour ses multiples manquements, ne fait rien pour se réconcilier avec les Sénégalais qui continuent de lui tourner le dos malgré eux. En effet, alors qu’on attendait d’elle qu’elle sauve son honneur en faisant bonne figure avec le transport des pèlerins aux Lieux saints de l’Islam, Air Sénégal est, une nouvelle fois, complètement passée à côté. La compagnie nationale a, en effet, fait vivre l’enfer au futurs pèlerins à l'Aibd, convoquant des passagers depuis vendredi soir pour un vol prévu à 06h40, le samedi 1er juin. Il s’agit des passagers du vol A1 B d’Air Sénégal.
El Malick Ndiaye tente de défendre l’indéfendable
Devant la gravité de la situation, le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens est monté au créneau. Malick Ndiaye a indiqué : ”sur les 11 vols qui ont été programmés pour partir, les neuf sont partis à temps, avec plus de 3.500 pèlerins“. Malick Ndiaye s’était rendu samedi, un peu tard dans la soirée, à l’Aéroport international Blaise Diagne.
Selon lui, “seuls deux vols opérés par Air Sénégal ont eu du retard, même s’il ne devrait pas y avoir de retard“. ”Aujourd’hui (samedi), au total, il reste 270 passagers qui doivent partir dès demain (dimanche). Et donc, à partir de lundi la situation revient à la normale“, a-t-il rassuré. L’officiel précise que les pèlerins du premier vol qui a accusé du retard, ont été logés dans un hôtel de la place. Par la suite, ”une alternative a été trouvée pour qu’ils (les pèlerins), puissent partir comme convenu ce matin (samedi) et en début d’après-midi“, a-t-il poursuivi, notant : “ils sont tous partis en plus de 20 autres passagers“.
Le ministre explique qu’un aéronef loué et qui a tardé à rejoindre Dakar, a été à l’origine du retard des deux vols prévus. Il a promis des mesures pour redresser la compagnie aérienne nationale Air Sénégal.
Les voyagistes privés en rogne
De leur côté, les voyagistes privés sont dans le plus grand désarroi ne sachant pas à quel saint se vouer. C’est le cas de Hourèye Thiam. Cette ancienne journaliste devenue convoyeur de pèlerins a réagi sur le réseau social Facebook. «Nous n’avons aucun interlocuteur, aucune information, aucun communiqué pour le moment. Les voyagistes privés ne sont au courant de rien du tout. On ne sait rien du tout de ce qui se passe pour informer nos pèlerins», s’est-elle indignée.
Plus tard, dans une vidéo publiée sur le même réseau social, Hourèye Thiam déverse sa bile sur l'Etat et Air Sénégal international. Hourèye Thiam crie sa colère sur les manquements liés à l'acheminement de ces voyageurs religieux. Les principaux incriminés dans cette affaire sont l'Etat du Sénégal et sa compagnie Air Sénégal international. Elle interpelle ainsi le chef de l’Etat et le Premier ministre. «Monsieur le Président Bassirou Diomaye Faye, Monsieur le Premier ministre Ousmane Sonko, nous nous devons de vous informer qu’il y a du sabotage dans cette affaire. La vérité est qu’il y a trop de lobbys d’intérêts sur ce business lié aux avions pour le Hajj. Et je ne parle pas de mince affaire. Il faut que nous soyons solidaires et prudents…. Nous devons nous poser les bonnes questions : Qui a signé le contrat d’avions ? Qui a payé ? Qui a encaissé les milliards ? Quelles étaient les conditions du contrat ? Où sont les avions loués…», questionne l’ancienne journaliste à la Rts, ajoutant que «personne ne comprend aujourd'hui mais nous devons faire attention.»
Sidy Djimby NDAO