La dernière sortie du Premier ministre et président de Pastef attribuant la victoire du Président Bassirou Diomaye Faye à Pastef n’a pas laissé indifférent certains membres de la coalition Diomaye Président, notamment Lababa Faye. Ce dernier, qui se présente comme un membre du Mouvement national des cadres patriotes (Moncap), dément Ousmane Sonko. Pour Lababa Faye, si comme le prétend Sonko, Bassirou Diomaye Faye n’avait bénéficié que des voix de Pastef, on serait actuellement sous le régime d’Amadou Ba.
Contrairement au message vehiculé par Ousmane Sonko et son parti, c’est un sursaut national qui a permis au Président Bassirou Diomaye de remporter la victoire le 24 mars 2024. C’est l’intime conviction de Lababa Faye, membre de la coalition Diomaye Président. Celui qui se présente comme un membre également du Moncap, défie ouvertement Ousmane Sonko : les voix de Pastef seulement n’auraient pas suffi pour une victoire au premier tour. « Le Premier ministre Ousmane Sonko affirme que «90% des forces politiques ayant conquis le pouvoir reviennent à Pastef». Une déclaration, non seulement audacieuse…, mais, fausse. Purement et simplement », indique-t-il, avant de continuer ses explications : « restons néanmoins dans sa logique. Bassirou Diomaye Faye a été élu avec 54,28% des voix. Le calcul est simple : 90% de 54,28% = 48,8%. On serait alors en plein régime de Amadou Ba, Monsieur le Premier ministre ! », affirme M. Faye.
« (…) On serait alors en plein régime de Amadou Ba »
Au-delà de ces chiffres, renseigne Lababa Faye, il y a une réalité plus profonde : « la contribution de la Coalition Diomaye Président est en réalité non quantifiable, voire inestimable. Elle se mesure en renfort de crédibilité, en logistique ; les alliés ont cotisé au total près de 400 millions pour la campagne en courage politique et en résistance ».
L’autre fait déterminant, selon Lababa Faye, c’est que la présence de Diomaye sur le bulletin de vote n’est pas tombée du ciel. « Habib Sy et Cheikh Tidiane Dièye ont été parrainés grâce aux députés de Pastef. Pendant ce temps, le candidat Bassirou Diomaye Faye devait franchir le périlleux second tour du parrainage citoyen. Rappelons aussi que Pastef était frappé d’illégalité. Pastef était dissous, ses responsables étaient soit en prison, soit contraints à la clandestinité ; certains ont même fui dans un pays voisin », lancé t- il avant de demander qui a battu campagne durant les semaines critiques ?
« Réduire cette conquête à une seule chapelle politique, c’est insulter l’intelligence collective des Sénégalais »
A l’en croire, personne ne dénie le mérite de Pastef dans son combat héroïque contre le régime de Macky Sall. Mais, lorsque celui-ci a failli réussir à casser la dynamique de combat, il a fallu le courage et la détermination des hommes et des femmes de la coalition Diomaye Président pour asséner le coup de grâce final. « Il faut rappeler aux négationnistes de l’histoire politique très récente du Sénégal que la coalition s’est battue contre le report des élections, à un moment où beaucoup étaient tentés par le compromis. Elle a ajouté de la crédibilité, notamment, au niveau international, rassurant partenaires et observateurs sur la solidité démocratique de l’alternative », défend-il.
Dire aujourd’hui que Pastef a conquis le pouvoir seul, c’est tronquer l’histoire politique très récente du Sénégal, estime Lababa Faye, qui pense que nier cette réalité , c’est refuser de reconnaître que la vraie rupture s’est construite en coalition, pas en solo. « La véritable trahison serait de nier que la coalition a rendu la victoire possible en refusant la manœuvre de report et en apportant du sang neuf ainsi que des voix supplémentaires qui ont permis l’élection du Président Bassirou Diomaye Faye, dès le premier tour. Cette victoire de Diomaye est le fruit d’un front, d’un sursaut national, d’une alliance forgée dans l’adversité. Réduire cette conquête à une seule chapelle politique, c’est insulter l’intelligence collective des Sénégalais et fragiliser l’équilibre même qui a permis l’accession au pouvoir », assure-t-il tout en précisant que sans la coalition, il n’y aurait pas eu de victoire au premier tour.
Nd. Kh. D. F