RENCONTRE AU MINISTÈRE DES TRANSPORTS : La colère des syndicalistes éclate à l’absence du ministre




 
 
La réunion de concertation organisée entre le ministère des Transports et les transporteurs a viré à la cacophonie. Au cœur de la colère des transporteurs, l’absence du ministre Yancoba Diémé, jugée inacceptable par plusieurs syndicats qui dénoncent un manque de considération et claquent la porte.
 
La rencontre devait apaiser les tensions dans un secteur du transport routier en pleine ébullition. Elle a finalement produit l’effet inverse. Réunis au ministère des Transports terrestres pour une séance de concertation, les acteurs du secteur ont très vite laissé éclater leur frustration, transformant les échanges en véritable bras de fer. Dès les premières minutes, le ton est monté. En cause, l’absence du ministre Yancoba Diémé, pourtant attendu par les syndicats pour discuter des revendications jugées urgentes. Il a été représenté par son secrétaire général, El Hadji Abdoulaye Guèye. Pour plusieurs responsables syndicaux, cette absence constitue une ligne rouge. À commencer par Alassane Ndoye, secrétaire général du Syndicat national des transporteurs routiers (Sntr), qui n’a pas mâché ses mots. « Nous ne pouvons pas négocier sans la présence du ministre. Il devait être là », a-t-il lancé, visiblement remonté. Pour lui et les membres de son collectif, « cette rencontre ne pouvait pas se tenir dans des conditions sérieuses sans l’implication directe de l’autorité politique », fait-il savoir. Au-delà d’une simple question de protocole, les syndicats y voient un signal inquiétant, « celui d’un manque d’engagement de l’État face à la crise que traverse le secteur. On nous convoque, mais on ne nous considère pas », confient certains transporteurs, excédés.
 
 
Un boycott sur fond de tensions internes
 
La colère s’est rapidement traduite en actes. Alassane Ndoye, accompagné de plusieurs responsables syndicaux, a décidé de boycotter la rencontre et de quitter la salle. Une sortie fracassante, précédée d’un autre point de discorde, « la présence de certains acteurs jugés illégitimes ». Dans le viseur, Gora Khouma, dont la participation a été ouvertement contestée. « Il n’a rien à faire ici », ont lancé les frondeurs, dénonçant une composition « biaisée » de la réunion. Mais, derrière ces divergences internes, c’est bien l’absence du ministre qui a cristallisé les tensions et précipité l’éclatement de la rencontre.
 
 
Le ministère tente de sauver les meubles
 
Face à cette situation explosive, El Hadji Abdoulaye Guèye a tenté de calmer les esprits. Se voulant rassurant, il a minimisé la portée de l’absence du ministre et appelé à se concentrer sur le fond des discussions. « Le préavis de grève ne doit pas bloquer les échanges. Le plus important, c’est le contenu », a-t-il plaidé, rappelant qu’il agissait au nom de Yancoba Diémé. Dans une tentative d’apaisement, il a même joué la carte de la proximité. « Je suis certes jeune, mais j’ai la responsabilité de porter le mandat du ministre. Dépassons les questions de forme », a-t-il lancé. Un appel resté sans effet auprès des syndicats les plus remontés, pour qui la présence du ministre était une condition non négociable.
 
 
Une fracture profonde dans le secteur
 
Malgré le départ des frondeurs, la réunion s’est poursuivie avec les syndicats restés sur place, notamment ceux proches de Gora Khouma. Mais là encore, la méfiance était palpable. « Nous sommes ouverts au dialogue, mais dans le respect mutuel », ont-ils averti, soulignant qu’ils ne sacrifieraient pas leurs intérêts.
 
Fatou DIOP
 
 
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