☰

REJET EN COMMISSION DES FINANCES DE LA LFR 2026 : Al Aminou Lo ouvre la voie au dialogue et charge Pastef et son président




 
 
C’est un Premier ministre très en verve qui s’en est pris aux députés de Pastef et à leur président suite aux menaces de blocage de la Lfr après son rejet en commission des Finances. Même s’il reste ouvert au dialogue, il n’a pas porté de gants pour asséner ses vérités sur la démarche adoptée par la majorité Pastef qui, pourtant, dit-il, a voté la Lfi 2026 et l’exécutif n’a fait qu’apporter des corrections.
 
 
 
Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo et certains membres de son gouvernement ont fait face à la presse suite au rejet du projet de loi de finances rectificative 2026 par la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Une rencontre qui s’est tenue dans un contexte sensible avec cette menace de blocage de la Lfr et de la Lfi brandie par les députés de la majorité Pastef. Ce qui amène le Premier ministre à arbitrer, entre, dit-il, l'éthique de la conviction d'un parlement et l'éthique de la responsabilité d'un exécutif. «Là, chacun doit s'arrêter. En tant que gouvernement exécutif, nous nous arrêtons sur une principale chose : c'est comment soulager les difficultés des Sénégalais», précise Al Aminou Lo qui rappelle avoir saisi le président de l’assemblée nationale après sa déclaration de politique générale sur la nécessité du dialogue entre l'exécutif et le parlement. «Il m'en a consenti le principe avec cette phrase : Je vais voir. Le jeudi 15 octobre 2026 à l’occasion d'un échange téléphonique avec un des vice-présidents de l'Assemblée nationale, je lui ai chargé de rappeler au président de l'Assemblée nationale ce dont on avait convenu dans le cadre de la loi de finances rectificative.  Mais, aucune réaction. Sinon celle de m'appeler à un débat public», rapporte le chef du gouvernement qui n’a pas manqué de lancer des piques aux responsables de Pastef.
 
 
 
 
 
La Lfi adoptée sous l’ancien gouvernement et exécutée par l’ancien Pm
 
 
Poursuivant, le chef du gouvernement de rappeler que la loi de finances initiale a été adoptée sous l'ancien gouvernement et supervisée par l'ancien Premier ministre. «Il est important que les Sénégalais sachent qu’une loi de finances rectificative, c'est le budget actuel qui est en train d'être exécuté et qui peut être confronté à des éléments du fait des hausses fortes de l'énergie et des subventions que nous avons faites. Si les subventions sont épuisées, aucun comptable public n'est autorisé à les exécuter», indique Al Aminou qui justifie la Lfr par trois contraintes. Il s’agit, dit-il, de la révision à la baisse des recettes de 340 milliards, une augmentation des charges incompressibles de 540 milliards de besoins supplémentaires liés aux subventions énergétiques, mais également à la nécessité de doter davantage les forces de défense et de sécurité.
 
 
«Ne pas voter la Lfr, c'est empêcher une entreprise du Btp de retrouver de la trésorerie, de reprendre un chantier interrompu…»
 
Face à cette situation, le chef du gouvernement estime que ne pas voter la Lfr, c'est, dit-il, empêcher une entreprise du bâtiment et des travaux publics de retrouver de la trésorerie, de reprendre un chantier interrompu, de payer ses fournisseurs et de renouveler des équipements. «C'est empêcher à des ouvriers, des techniciens, des ingénieurs cadres de travailler et de percevoir leur salaire et c'est d'empêcher des familles à régler leur loyer, à faire face à leurs dépenses scolaires. Revenant sur l’orientation du budget et les corrections apportées, Al Aminou précise rappelle que les dépenses du Plan de redressement économique et social étaient des dépenses dépendantes du rendement du Pres et le Président, fait-il remarquer, n'a pas donné le rendement nécessaire. Ainsi, toutes les dépenses qui avaient été prévues au Pres n'ont pas pu être exécutées. «En fin septembre, l’encaissement des recettes attendues du Pres était à 173 milliards et il nous a fallu différer 295 milliards de dépenses. Qui a fixé les ambitions du Pres ? C’est l’ancien Pm ? Qui a préparé la Lfi 2026 ? C'est cette Lfi que vous avez voté qui fait l'objet de correction de ce que vous aviez voté comme recette de l'État et qu'on n'a pas pu réaliser. À qui la faute ? Est-ce qu'on va demander à ce gouvernement parce que le Pres n'a pas délivré que coûte que coûte, il faut que ces investissements conditionnels soient réalisés ? Dites la vérité aux Sénégalais que vous aviez certains crédits d'investissement sous réserve que le Pres donne des résultats. Cela n'a pas donné des résultats. Pourquoi venir avec des fake news pour dire aux Sénégalais que ces investissements n'ont pas été réalisés et qu'ils nous demandent des comptes ? On demande des comptes à qui ? », s’indigne le Premier ministre qui invite à revenir à la raison.
 
«Faut-il attendre un gouvernement au coin parce qu'il y a des choses qui leur ont été refusées de par la loi ?»
 
S’agissant des exigences de Pastef, le Premier ministre explique que le gouvernement a répondu à toutes ces questions. «On a répondu à toutes ces questions. Mais quand vous faites de l'obstruction, on ne fait pas preuve d'ouverture d'esprit. Si on veut faire de l'obstruction, on ne met pas les intérêts supérieurs de la nation au-dessus des calculs de politiques politiciennes. Et ça nous ramène à une phrase qui est du Gatsa-Gatsa », raille Al Aminou Lo persuadé que la majorité Pastef veut prendre sa revanche avec cette Lfr suite aux déconvenues infligées par le Conseil constitutionnel et la Cour suprême. « On nous attendait au coin. Faut-il attendre un gouvernement au coin ? Au risque de mettre un peuple en péril. Parce qu'il y a des choses qui leur ont été refusées de par la loi, ils prennent la seule prérogative qui leur reste, c'est de bloquer l'exécution du budget de l'État du Sénégal », sérine Al Aminou Lo. Néanmoins, il fait remarquer que le gouvernement prendra toutes ses responsabilités même s’il rappelle qu’il reste ouvert au dialogue et non à un débat public. «Nous ne sommes pas en campagne électorale. Dès demain, si vos portes me sont ouvertes, je viens avec tous les ministres qui sont en mesure de répondre à toutes vos questions pour que les Sénégalais puissent passer à autre chose. Il faut qu'on passe à autre chose », souligne le Pm. Sur la question de la transparence, notamment sur les 120 milliards du mécanisme de protection d'urgence contingent de la Banque mondiale, il révèle que la Banque mondiale permet à des pays de faire recours à ce guichet pour éviter de faire vaciller le front social. «Il y en a 120 milliards et les 75 milliards ont été utilisés pour l'énergie, pour permettre à la Senelec et à la Sar de continuer à importer, 50 milliards pour les bourses de sécurité familiale. Pourquoi reprocher qu'on utilise un mécanisme qui est destiné à cela ? C'est des prêts concessionnels qui sont mis à notre disposition pour nous permettre de faire face à l'urgence et c'est ce que nous avons fait. On peut certes s'opposer mais pas colporter des mensonges. Ce n'est pas responsable», fulmine le Pm. En ce qui concerne le programme de rationalisation, il rappelle que les conclusions ont été déposées depuis 2025 et son prédécesseur avait pris son temps. « Nous, nous allons l'accélérer. Mais la première chose que nous allons faire, c'est l'assurance-qualité du travail. Il faut regarder ce qui a été fait par ce comité avant d'avoir une seconde lecture pour nous assurer que ce que nous écrivons est bon. Nous voulons retenir le maximum de pères et de mères de famille et les placer. On ne se précipite pas », explique le Pm.
 
M. CISS
 
 
Al Aminou sur les crédits spéciaux : « je sais ce que j’ai trouvé à la Primature »
 
S’agissant des crédits spéciaux, Al Aminou Lo précise que le président de la République n’a jamais refusé de les encadrer. Et, dire qu’on va bloquer le budget pour ça, c’est parce qu’on est de mauvais perdants. Il rappelle que c’est à la veille d’un conseil des ministres à une heure du matin que l’ancien Pm a envoyé le décret encadrant les crédits spéciaux. Et, pour le chef de l’Etat il n’était pas possible d’avoir un débat dans ces conditions, avant d’exiger des assurances pour encadrer ces crédits. « Prenez le temps de me regarder tout cela en rapport avec d'autres considérations », avait soutenu le président de la République persuadé que cette question ne peut être tranchée dans le vif. Al Aminou Lo n’a pas manqué d’inviter le Parlement à reprendre le dialogue avec l’exécutif pour encadrer ces fonds. Non sans inviter l’ancien Pm à balayer d’abord devant sa porte. « Moi, je sais ce que j'ai trouvé à la Primature et ce que je n'ai pas trouvé à la Primature. Et ce que j'ai trouvé de plus qui n'aurait pas dû être cela, je le sais. Restons dans la cohérence. Un État doit fonctionner avec des crédits spéciaux, c'est ça la responsabilité », lance le successeur de Sonko, menaçant.
 
 
 
LES ECHOS

Dans la même rubrique :