La Confédération pour la démocratie et le socialisme (Cds) dénonce le rejet sans débat du projet de Loi de finances rectificative (Lfr) par la majorité parlementaire. Dans un communiqué rendu public, hier, le regroupement de plusieurs partis de gauche alerte sur la dégradation de la situation économique et sociale du pays et appelle à la constitution d’un « vaste front massif et ouvert » pour défendre les intérêts des populations et des travailleurs.
Le rejet du projet de Loi de finances rectificative continue de provoquer des réactions dans les rangs de l’opposition. Après plusieurs prises de position sur les conséquences politiques et économiques de ce vote intervenu à l’Assemblée nationale le 3 novembre dernier, la Confédération pour la démocratie et le socialisme (Cds) monte à son tour au créneau.
Dans sa déclaration, l’organisation qualifie le rejet sans débat de la Lfr d’« acte de blocage irresponsable », qu’elle inscrit dans un contexte de rivalités politiques en perspective de l’élection présidentielle de 2029. Pour la Cds, cette confrontation intervient alors que le pays fait face à une situation sociale particulièrement préoccupante.
Le regroupement d’opposition évoque notamment la grève générale du Front syndical pour la défense du travail, le renforcement de l’émigration clandestine ainsi que l’aggravation des difficultés financières auxquelles sont confrontées les populations.
Face à cette situation, la Cds estime nécessaire de dépasser les divergences politiques et appelle l’ensemble des forces vives à se retrouver autour d’un « vaste front massif et ouvert », afin de préserver les intérêts des Sénégalais et des travailleurs.
Une dette publique à 27.132 milliards de F Cfa
Au-delà des tensions politiques, la Confédération met particulièrement l’accent sur la détérioration des indicateurs économiques. Elle avance un encours de dette publique de 27.132 milliards de F Cfa à la fin de l’année 2025, correspondant à 105,3% du produit intérieur brut (Pib), dont 71,4% de dette extérieure.
Ces chiffres alimentent les inquiétudes de l’organisation, qui critique également la gestion par les autorités de la dégradation de la notation souveraine du Sénégal et de la perte de valeur des Eurobonds.
La Cds exprime, en outre, ses préoccupations quant à l’avenir du programme conclu avec le Fonds monétaire international (Fmi). Elle redoute notamment que le Conseil d’administration de l’institution financière internationale ne rejette l’accord conclu entre ses services techniques et le Sénégal, à la suite du rejet de la Lfr par les députés.
Une perspective qui, selon les préoccupations soulevées par le regroupement, pourrait davantage compliquer la situation financière du pays.
L’urgence d’une responsabilité collective
La déclaration intervient également dans un contexte marqué par la préparation de l’examen du projet de loi de finances initiale (Lfi) pour 2027. Un exercice budgétaire qui coïncidera avec l’accueil, par le Sénégal, des Jeux olympiques de la jeunesse (Joj).
Pour les partis membres de la Confédération, cette conjoncture exige une prise de responsabilité collective des acteurs républicains. Ils estiment que les tensions politiques actuelles et les difficultés économiques imposent de privilégier l’intérêt national plutôt que les rivalités partisanes.
Sidy Djimby NDAO