REINTEGRATION DE OUSMANE SONKO A L’ASSEMBLEE NATIONALE Tafsir Thioye, Anta Babacar Ngom, Abdou Mbow et 14 autres députés de l’opposition saisissent le Conseil constitutionnel




 
La réintégration de Ousmane Sonko en tant que député de la XVème législature, après deux ans à la Primature, continue de susciter le débat. Des députés de l’opposition ont introduit un recours hier devant le Conseil constitutionnel pour s’attaquer à la décision du bureau de l’Assemblée nationale qui a acté l’arrivée de Sonko au parlement.
 
Des députés de l’opposition ont signé une saisine du Conseil constitutionnel pour fustiger la réintégration du leader de Pastef au sein de l’Assemblée nationale. Des membres du groupe parlementaire Takku-Wallu, Abdou Mbow, Daouda Dia, Thérèse Faye, Mamadou Diaw, Barane Fofana​, Raqui Diallo,​ Fabineta Ndiaye ; et des non-inscrits : Mbaye Dione, Tafsir Thioye, Thierno Alassane Sall, Birima Mangara, Salimata Diop Dieng, Abdoulaye Sylla, Cheikh Omar Anne,​Maguette Sène, Anta Babacar Ngom, Amadou Diallo​, Aïssata Ousmane Diallo disent informer le peuple sénégalais ainsi que l’opinion publique nationale et internationale, qu’ils ont saisi le  Conseil constitutionnel d’une requête visant à faire déclarer contraire à la Constitution la décision du Bureau de l’Assemblée nationale du 24 mai 2026 portant réintégration de Monsieur Ousmane Sonko en qualité de député. «Nommé Premier ministre puis élu député en 2024, Monsieur Sonko se trouvait, dès son élection, dans la situation d’incompatibilité prévue par l’article 54 de la Constitution», font-ils noter avant de préciser qu’en choisissant de conserver ses fonctions gouvernementales, Ousmane Sonko avait renoncé à son mandat de député au regard de la Constitution et du Règlement intérieur alors applicable. «Sa réintégration, suivie de son élection à la présidence de l’Assemblée nationale, le 26 mai 2026, constitue une violation flagrante et manifeste de la Constitution et du principe de la séparation des pouvoirs», soulignent-ils.
Pour eux, seul le Conseil constitutionnel, juge de la validité du mandat parlementaire et régulateur des institutions, peut empêcher qu’un acte d’une telle gravité échappe à tout contrôle. « Nous informons par ailleurs que nous avons été contraints de recourir à des sommations d’huissier pour disposer des actes et documents nécessaires à notre recours, à savoir l’acte de réintégration de Monsieur Sonko et le procès-verbal de la séance plénière du 26 mai 2026. Saisis le 1ᵉʳ juin 2026 par Maître Abou Sall, huissier de justice, le secrétaire général et le premier vice-président de l’Assemblée nationale ont l’un comme l’autre refusé de délivrer ces pièces», disent les parlementaires opposants qui indiquent que ce refus de communiquer à des représentants de la Nation des documents par nature publics et par voie d’huissier constitue une entrave grave aux droits des députés et à la transparence démocratique.
Ainsi, ils, appellent «respectueusement le Conseil constitutionnel à assumer pleinement son rôle en mettant fin à cette forfaiture qui sape le fonctionnement régulier de l’institution parlementaire».
 
 
Nd. Kh. D. F
 
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