RÉFORMES INSTITUTIONNELLES UNILATÉRALES DE PASTEF : L’Alliance pour la République dénonce un recul démocratique et exige le retrait du texte




 
 
La proposition de révision constitutionnelle actuellement examinée en procédure d’urgence par l’Assemblée nationale continue de susciter une forte controverse politique. Portée par la majorité parlementaire issue de Pastef, la réforme cristallise des critiques de l’opposition et de plusieurs acteurs politiques qui contestent à la fois son contenu, sa méthode et ses conséquences institutionnelles. L’Alliance pour la République dénonce un recul démocratique et exige le retrait du texte
 
 
Dans une déclaration rendue publique à Dakar, l’Alliance pour la République exprime sa « profonde préoccupation » face à cette initiative et estime qu’elle intervient dans un contexte national difficile.
« L’Alliance pour la République (Apr) exprime sa profonde préoccupation face à la proposition de révision constitutionnelle actuellement examinée dans une procédure d’urgence par l’Assemblée nationale », a déclaré le parti, ajoutant que « cette réforme, qui ne répond à aucune urgence nationale, intervient au moment où les Sénégalais subissent une dégradation sans précédent de leurs conditions de vie, marquée par la vie chère, le chômage, les difficultés des entreprises et une crise économique et sociale persistante », a-t-il poursuivi.
La formation de Macky Sall estime que la majorité parlementaire engage le pays dans une réforme déconnectée des priorités des populations. « Au lieu d’apporter des réponses pertinentes aux préoccupations quotidiennes des populations, la majorité parlementaire engage le pays dans un rafistolage constitutionnel dont la seule finalité semble être de régler des équilibres politiques internes au sommet de l’État », a dénoncé l’Apr.
Sur le fond, l’Alliance Pour la République considère que le texte constitue un recul démocratique. «L’Apr dénonce cette réforme qui constitue un recul démocratique inadmissible pour notre pays », a estimé le parti, ajoutant que «sous couvert de modernisation institutionnelle, elle affaiblit des acquis majeurs de notre démocratie, notamment par la suppression du statut constitutionnel de l’opposition, l’instauration d’un Exécutif confus et potentiellement conflictuel, ainsi que l’émergence d’un parlementarisme débridé qui rompt l’équilibre des institutions», a-t-il détaillé.
Le parti met également en garde contre un déséquilibre institutionnel plus profond. «Plus grave encore, elle organise un affaissement des prérogatives du président de la République, sans définir clairement un nouvel équilibre des pouvoirs, créant ainsi les conditions de crises institutionnelles futures», a averti l’Apr.
Dans le même registre, l’Apr regrette l’absence de réponse aux attentes liées à l’État de droit. « Dans le même temps, elle demeure étrangement silencieuse sur les véritables attentes des Sénégalais en matière d’indépendance de la justice et de garanties effectives de l’État de droit », a-t-il ajouté.
Le parti considère enfin que la Constitution ne peut être révisée sans recours au peuple. « La Constitution est le pacte fondamental de la Nation ; elle appartient au peuple sénégalais et non à une majorité politique, quelle qu’elle soit », a rappelé l’Apr, avant de souligner que « toute réforme d’ampleur doit impérativement être soumise au peuple, seul détenteur de la souveraineté nationale », a-t-il insisté.
En conséquence, « l’Apr exige le retrait immédiat du texte », a déclaré le parti, appelant « l’ensemble des forces vives de la Nation à se mobiliser pour défendre les acquis démocratiques du pays et recentrer le débat sur les priorités économiques et sociales », a-t-il ajouté.
 
 
Sidy Djimby Ndao
 
LES ECHOS

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