RÉFORME DU CODE DU TRAVAIL ET DE LA SÉCURITÉ SOCIALE : Le Front syndical appelle à la suspension de la procédure parlementaire et exige une nouvelle phase de concertations, sinon…




 
 
Opposé à une adoption jugée précipitée des projets de loi portant Code du Travail et Code de la Sécurité sociale, le Front syndical pour la défense du travail (Fsdt) appelle à la suspension de la procédure parlementaire et exige une nouvelle phase de concertations avec les organisations syndicales. Le Front prévient : un passage en force pourrait déclencher une série d’actions allant jusqu’à une grève générale de 72 heures.

 
Le bras de fer social se dessine autour de la réforme du droit du travail au Sénégal. Le Front syndical pour la défense du travail (Fsdt) a exprimé, avant-hier, sa vive inquiétude face à l’examen annoncé par l’Assemblée nationale, réunie en session extraordinaire, des projets de loi portant Code du Travail et Code de la Sécurité sociale.
Ces deux textes, respectivement numérotés 15/2026 et 16/2026, avaient pourtant été renvoyés en Commission des Lois pour une seconde lecture. Une étape que le Fsdt considère comme devant permettre une analyse approfondie des dispositions contestées et une meilleure prise en compte des observations des partenaires sociaux.
Si le Front reconnaît certaines avancées contenues dans les projets de réforme, notamment en matière de santé et sécurité au travail, de protection de la maternité, de couverture sociale des travailleurs du secteur informel ou encore de télétravail, il estime que ces acquis ne doivent pas masquer les inquiétudes persistantes sur plusieurs dispositions. «Aucune réforme ne peut être acceptée si elle entraîne une régression des droits et libertés acquis par les travailleurs», martèle le Fsdt, qui craint que certaines mesures ne fragilisent la sécurité de l’emploi, la protection sociale et les droits syndicaux.
Pour le Front syndical, la situation intervient dans un contexte déjà marqué par de fortes attentes des travailleurs concernant l’application des engagements pris dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable.
Le Fsdt estime qu’il existe une contradiction entre la volonté affichée des autorités de promouvoir le dialogue social et l’éventuelle adoption de dispositions perçues comme restrictives pour les travailleurs et leurs organisations. «La stabilité sociale ne peut pas être construite sans les travailleurs», soutient le Front, qui appelle à une démarche fondée sur la confiance, la négociation collective, la justice sociale et le respect des engagements pris.
 
Menace de grève générale de 72 heures si…
 
 
Dans cette perspective, le Fsdt réclame la suspension de la procédure d’adoption définitive des deux projets de loi, la transmission aux syndicats des versions actualisées des textes ainsi que l’ouverture d’une véritable concertation autour des dispositions contestées.
Tout en réaffirmant sa disponibilité au dialogue, le Front syndical pour la défense du travail prévient que cette ouverture ne doit pas être interprétée comme un signe de faiblesse.
Le syndicat annonce qu’en cas de passage en force, un plan d’action sera mis en œuvre. Celui-ci prévoit notamment des tournées nationales dans les départements, des assemblées générales dans les entreprises, une marche nationale et une grève générale de 72 heures. Le Fsdt appelle déjà ses organisations membres, ses représentants et l’ensemble des travailleurs à rester mobilisés et vigilants.
Pour les responsables syndicaux, l’heure n’est pas à la confrontation mais à la prévention d’une crise. Ils invitent les pouvoirs publics et les parlementaires à privilégier la concertation afin d’éviter une rupture avec le monde du travail.
 
Nd. Kh. D. F
 
 
LES ECHOS

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