RÉFORME DES TRAITEMENTS DANS LES PRISONS AVEC L'ACQUISITION D'EQUIPEMENTS DE DETECTION : Le ministre de la Justice décrète la fin des fouilles à nu




 
 
Une réforme majeure est en marche dans le système pénitentiaire sénégalais. Le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, a annoncé que le Gouvernement a décidé de mettre un terme à la pratique des fouilles à nu des personnes placées sous mandat de dépôt et des personnes détenues, au profit de technologies modernes garantissant à la fois la sécurité des établissements pénitentiaires et le respect de la dignité humaine.
 
Cette annonce a été faite à l'occasion de l'audience accordée, le lundi 3 août 2026, à Thierno Mountaga Sy, président de l'association Contribuable 221, venu plaider en faveur de l'abandon de cette pratique qu'il estime attentatoire aux droits fondamentaux des personnes privées de liberté.
En réponse à cette préoccupation, le ministre de la Justice a indiqué que cette question est déjà prise en charge par les autorités. Il a révélé qu'un «appel d'offres a été lancé et qu'un fournisseur a d'ores et déjà été retenu pour l'acquisition d'équipements de dernière génération capables de détecter les objets métalliques et non métalliques dissimulés sous les vêtements, sans qu'il soit nécessaire de recourir aux fouilles à nu», a annoncé Me Moussa Sarr.
Cette décision marque une évolution importante dans la politique pénitentiaire du Sénégal. «Elle vise à concilier les impératifs de sécurité avec le respect des droits humains, en mettant fin à une pratique souvent dénoncée par les organisations de défense des droits de l'homme comme portant atteinte à la dignité des personnes détenues». Selon le ministre, «l'introduction de ces équipements modernes permettra aux administrations pénitentiaires de renforcer l'efficacité des contrôles tout en garantissant un traitement plus respectueux des personnes placées sous mandat de dépôt et des détenus».
Au cours des échanges, la question de l'élaboration d'un Code pénitentiaire a également été abordée. Me Moussa Sarr a rappelé que «cette réforme figure parmi les priorités du département de la Justice, conformément aux orientations du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Ce futur Code devrait moderniser le cadre juridique de l'administration pénitentiaire et renforcer la protection des droits des personnes privées de liberté, tout en préservant les exigences de sécurité et le bon fonctionnement de la justice», fait-il savoir.
 
Fatou DIOP
 
 
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