Le ministre-conseiller à la présidence de la République, Aldiouma Sow, réagit vivement à l’amendement constitutionnel porté par le Président Bassirou Diomaye Faye pour étendre l’obligation de déclaration de patrimoine au Premier ministre et au président de l’Assemblée nationale. Dans une tribune publiée ce jeudi, le responsable politique dénonce une tentative d’instrumentalisation de l’Assemblée nationale et s’en prend directement à la « faction messianique », une formule visant clairement le camp d’Ousmane Sonko.
Dans une tribune publiée ce jeudi, le ministre-conseiller à la Présidence de la République et coordonnateur de la coalition Diomaye Président présente l’amendement comme une mesure relevant avant tout de «l’éthique républicaine». Le texte vise notamment à soumettre le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale à l’obligation de déclaration de patrimoine, aussi bien à leur entrée qu’à leur sortie de fonction.
Pour Aldiouma Sow, cette initiative révèle surtout deux conceptions différentes de l’action politique. «D’une part, nous avons un gouvernement dont l’objectif est de faire passer des réformes à portée générale et impersonnelle, déconnectées des contingences politiques présentes», écrit-il.
Face à cette démarche, il dénonce ce qu’il qualifie de «faction messianique usurpatrice», dont l’objectif serait, selon lui, d’utiliser l’Assemblée nationale à des fins politiques «D’autre part, la faction messianique usurpatrice dont l’objectif affiché est d’instrumentaliser l’Assemblée nationale à des fins de règlement de comptes politique pour venger le licenciement du Messie de la Primature», affirme-t-il.
Un avertissement au camp Sonko
Aldiouma Sow estime ainsi que les institutions de la République ne sauraient être utilisées comme des instruments au service d’intérêts politiques particuliers. «Il leur rappelle que nos institutions ne sont pas des jouets et que les règles de transparence ne sauraient être tronquées au gré des calculs politiques», soutient-il.
Pour Aldiouma Sow, l’enjeu dépasse donc la seule question de la déclaration de patrimoine. Il s’agit de rappeler la primauté des règles institutionnelles sur les rapports de force politiques.
Sidy Djimby NDAO