Pour lui permettre certainement de s’expliquer sur la gestion des tensions que le secteur de la santé traverse actuellement, Ibrahima Sy était parmi les participants à la conférence de presse du gouvernement qui s’est tenue hier au Building administratif. Le ministre de la Santé, qui s’est voulu exhaustif, est revenu sur les recrutements, les régularisations et les réformes engagées pour la stabilité du secteur sanitaire.
La situation est certes tendue ces dernières semaines entre le ministre de la Santé et les syndicalistes, mais ce dernier a promis hier de faire de son mieux afin d’entretenir un dialogue ouvert avec les syndicats, tout en signalant son attachement à des engagements réalistes et à un secteur de la santé performant.
Ibrahima Sy qui intervenait hier dans le cadre de la conférence de presse du gouvernement a surtout insisté sur l’urgence de renforcer les ressources humaines, annonçant le recrutement spécial de 2500 agents de santé, dont des médecins, infirmiers, sages-femmes ainsi que du personnel administratif et technique. Cette mesure vise, selon lui, à corriger un déséquilibre structurel, marqué par une proportion plus importante de personnel de support que de personnel soignant.
Concernant les contractuels, le ministre de la Santé a mis en avant les efforts financiers consentis par l’État pour stabiliser des situations précaires. « Près de 5 milliards de francs Cfa ont été mobilisés pour intégrer plus de 900 agents issus du programme Ismea dans un régime de contractualisation. À cela s’ajoutent entre 6 et 7 milliards de francs Cfa pour la régularisation de certains contrats, tandis que 3330 agents ont été pris en charge entre 2022 et 2023 », a fait savoir M. Sy.
Néanmoins, souligne M. Sy, il y a des points d’achoppement, particulièrement autour de l’indemnité de logement des agents contractuels. Ce dernier a par ailleurs reconnu qu’il s’agit d’un sujet sensible, malgré les engagements pris depuis 2022 avec les partenaires sociaux.
Sur un autre registre, le ministre de la Santé a annoncé plusieurs réformes structurelles qui sont en cours. Il dit travailler à l’élaboration d’un Code de la santé, dont la partie législative est déjà finalisée. « La réforme hospitalière ainsi que la révision de la carte sanitaire sont également en phase avancée, tandis qu’une nouvelle direction dédiée à la promotion de la santé est en préparation », assure-t-il avant d’ajouter que sur le plan des infrastructures, près de 65 milliards de francs Cfa ont été investis en deux ans pour moderniser le plateau technique, équiper les structures sanitaires et réhabiliter des blocs opératoires.
Nd. Kh. D. F