En 2025, la croissance est estimée à 6,7% du Pib et à 1,6% hors agriculture et hydrocarbures. Les recettes mobilisées ont atteint 4477,1 milliards, contre une prévision de 4531,1 milliards dans la Lfr 2 soit 98,8% de l'objectif annuel. Sur l’année, les recettes fiscales ont augmenté de 394,2 milliards et s’élèvent à fin décembre à 4087,4 milliards.
Le ministère des Finances et du Budget a rendu public hier le Rapport trimestriel d’exécution budgétaire au 31 décembre 2025. Il ressort dudit rapport une croissance annuelle estimée à 6,7% en 2025 après 6,5% en 2024. Une accélération portée principalement par le secteur secondaire, en ligne avec le démarrage de l'exploitation du projet gazier Gta, la production en année pleine sur le champ pétrolier de Sangomar et la mise en service des Ciments de l'Afrique (Cimaf). Cependant, hors agriculture et hydrocarbures, le taux d'accroissement du Pib ressortirait à 1,6%. Quant à l’inflation, elle a été contenue en 2025, en se situant à 1,4% en moyenne annuelle. S’agissant de la mobilisation des recettes de l’Etat, les recettes du budget général se sont établies à 4 477,1 milliards, contre une prévision de 4531,1 milliards dans la Lfr 2, soit un taux de réalisation de 98,8% de l'objectif annuel. Comparativement à décembre 2024, les recettes budgétaires totales ont progressé de 471,9 milliards, soit 11,8% en variation relative.
Les recettes fiscales ont progressé de 394,2 milliards en rythme annuel et recouvrées à 99,6% de l’objectif annuel
Les recettes fiscales se sont élevées à 4087,4 milliards à fin décembre 2025, soit 99,6% de l'objectif annuel de 4102,3 milliards. En glissement annuel, elles ont enregistré une progression soutenue de 394,2 milliards, soit +10,7%, portée par la dynamique conjointe des impôts directs et des impôts indirects. Les impôts directs ont été recouvrés pour un montant de 1458,5 milliards, dépassant l'objectif annuel de 1433,3 milliards, soit un taux de réalisation de 101,8%. En glissement annuel, ils ont progressé de 132,2 milliards (+10,0%), portés notamment par l'impôt sur les sociétés: 463,4 milliards, pour un objectif de 430,4 milliards, soit un taux d'exécution de 107,7% et une augmentation de 10,3% en glissement annuel. Cette performance est liée à la montée en régime des activités pétrolières et gazières, la sous-branche extractive affichant une expansion de 77,2% en 2025; l'impôt sur le revenu: 789,3 milliards recouvrés pour une cible de 851,6 milliards, soit 92,7% de réalisation, dont 53,0 milliards au titre des retenues à la source sur les salaires de la fonction publique payés par la solde; la contribution forfaitaire à la charge de l'employeur (Cfce): 59,7 milliards, soit un taux de recouvrement de 119,3% de l'objectif et une hausse de 9,2 milliards (+18,2%) en glissement annuel ; l'impôt sur le revenu des valeurs mobilières et l'impôt sur les capitaux mobiliers (Irvm/Ircm): 133,4 milliards, soit un taux de réalisation de 153,9% par rapport à l'objectif de 86,7 milliards, et une hausse de 37,6 milliards (+39,2%) en rythme annuel.
Les impôts indirects recouvrés à 97% de l’objectif annuel
Les impôts indirects (hors Fsipp) sont ressortis à 2 396,2 milliards, représentant 97,0% de l'objectif annuel de 2470,2 milliards. En glissement annuel, ils sont en hausse de 11,5%, soit +247,1 milliards. Ainsi, les taxes sur les biens et services se sont chiffrées à 1864,8 milliards, soit un taux de réalisation de 95,7% par rapport à la cible annuelle de 1 948,5 milliards. Elles sont en progression de 219,3 milliards (+13,3%) en glissement annuel et se décomposent comme suit: la Tva à l'importation 754,6 milliards, dépassant l'objectif annuel de 724,5 milliards, soit un taux de réalisation de 104,2%. En glissement annuel, elle a progressé de 75,7 milliards (+11,2%). En effet, la Tva à l'importation sur les produits pétroliers constitue le principal facteur explicatif de la performance relevée, avec 232,2 milliards recouvrés pour un objectif de 196,2 milliards, soit un taux de 118,4%. Ce résultat est dû au renforcement de la cadence de régularisation des enlèvements au Bureau des Hydrocarbures et à la régularisation partielle des dettes douanières de la Senelec (17,7 milliards). La Tva intérieure hors pétrole s'est établie à 566,7 milliards, soit un taux de mobilisation de 96,1%, en accroissement de 135,5 milliards (+31,4%) en glissement annuel. La Tva intérieure pétrole est ressortie à 15,7 milliards, affichant un taux de réalisation de 39,9% par rapport à l'objectif de 39,3 milliards. La taxe spécifique sur les produits pétroliers est recouvrée à hauteur de 215,3 milliards, soit 87,0% de l'objectif et une hausse de 7,3 milliards (+3,5%) en glissement annuel. La moins-value relevée résulte de la contraction des tonnages importés sur plusieurs produits clés. La substitution fuel/Gnl opérée par la Senelec a fortement réduit les enlèvements de produits pétroliers lourds, tandis que les importations de houille ont chuté significativement chez les principaux importateurs industriels (Dangote Cement -58,8%, Ces -41,3%). Le régime fiscal particulier accordé au Gnl a limité par ailleurs la mobilisation des recettes sur ce nouveau flux.
Les droits de porte réalisés à hauteur de 434,7 milliards soit un taux de mobilisation de 101,8%
La taxe sur la consommation hors pétrole est évaluée à 98,4 milliards, soit 88,1% de l'objectif, en accroissement de 3,3 milliards (+3,5%) en glissement annuel. L'écart par rapport à la cible est en lien avec le maintien de mesures de soutien aux prix sur certains produits de grande consommation (suspensions tarifaires sur l'huile de palme, le blé et le riz en brisures), réduisant ainsi l'assiette taxable pour cette recette. La Taxe sur les activités financières (Taf) a enregistré une mobilisation de 123,2 milliards, soit 90,5% de l'objectif, en progression de 6,8 milliards (+5,8%) en glissement annuel. Cette hausse a été soutenue par l'intensification notable des exportations d'hydrocarbures (+236,7%) et d'or non monétaire (+67%), générant un volume accru de transactions financières internationales constitutives de l'assiette de la Taf. Les autres taxes sont composées de la taxe spéciale sur le ciment (20,6 milliards mobilisés, soit un taux de réalisation de 91,0%) et de la taxe sur les contrats d'assurance (13,9 milliards, soit un taux de mobilisation de 103,3%). Les droits de porte ont été réalisés à hauteur de 434,7 milliards pour un objectif annuel de 427,2 milliards, soit un taux de mobilisation de 101,8% et une progression de 23,5 milliards (+5,7%) en glissement annuel. Cette performance globalement satisfaisante reflète des dynamiques différenciées entre les compartiments pétrole et hors pétrole. Les droits de porte sur les produits pétroliers affichent un taux de réalisation de 113,2% (57,2 milliards pour une cible de 50,5 milliards). Les droits de porte hors pétrole ont été recouvrés à hauteur de 377,5 milliards, soit un taux de réalisation de 100,2%. En effet, les mesures d'ajustement sur les produits de grande consommation ont également contribué à sécuriser les droits de porte. A cet effet, la réévaluation de la valeur au dédouanement du sucre (de 290 à 360 euros/tonne) a généré un gain de 3,9 milliards, tandis que la réactivation du droit de douane de 10% sur le riz en brisures ordinaires a produit 2,4 milliards de recettes supplémentaires sur les deux derniers trimestres de l'année.
Les recettes non fiscales recouvrés à 111,1%, les dons à 60,2% de l’objectif annuel
Les recettes non fiscales recouvrées à fin décembre 2025 se sont établies à 287,4 milliards, représentant 111,1% de l'objectif annuel de 258,8 milliards, en progression de 102,8 milliards (+55,7%) en glissement annuel. Cet accroissement notable est attribuable aux catégories suivantes: les revenus du domaine 73,2 milliards, soit 159,5% de l'objectif (45,9 milliards), en hausse de 31,4 milliards (+75,3%); la redevance radioélectrique (Artp): 45,6 milliards, soit 131,1% de l'objectif (34,8 milliards). Elle a augmenté de 21,5 milliards (+89,3%) en glissement annuel; les dividendes et produits financiers: 108,9 milliards, soit 121,3% de l'objectif (89,8 milliards), dont dividendes (87,8 milliards, soit 130,8% de l'objectif), commissions de transferts (20,5 milliards, soit 97,0%) et intérêts de placements (0,6 milliard, soit 41,8%); les recettes d'exploitation des hydrocarbures: 56,1 milliards, soit 64,7% de l'objectif de 86,6 milliards ; les autres recettes non fiscales: 3,6 milliards recouvrés pour un objectif de 1,5 milliard, en lien essentiellement avec l'encaissement de produits exceptionnels. Les dons reçus se sont chiffrés à 102,3 milliards, soit un taux de réalisation de 60,2% de l'objectif annuel de 170,0 milliards. Ils se composent de dons en capital (93,8 milliards reçus, soit 58,7% de la cible) et d'appuis budgétaires (8,5 milliards encaissés, soit 85,0% de l'objectif).
M CISS