A fin juin 2026, les recettes du budget général se sont établies à 2617,3 milliards pour un objectif annuel de 5932,2 milliards, principalement portées par les recettes fiscales 2458,7 milliards soit 45,7% tandis que les dépenses du budget général ont été exécutées à hauteur de 2874,7 milliards à fin juin 2026. En conséquence, le solde budgétaire est ressorti déficitaire de 257,4 milliards, soit 1,1% du Pib.
Selon le Rapport trimestriel d’exécution budgétaire du deuxième trimestre 2026, les recettes du budget général se sont établies à 2617,3 milliards à fin juin 2026, pour un objectif annuel de 5932,2 milliards inscrit dans la Lfi 2026, soit un taux de réalisation de 44,1%. Ainsi les recettes fiscales ont été recouvrées à hauteur de 2458,7 milliards, soit 45,7% de l’objectif annuel de 5384,8 milliards et à 97,9% de la cible semestrielle de 2 510,7 milliards. En glissement annuel, les recettes fiscales ont augmenté de 368,2 milliards, soit 17,6%, principalement sous l’effet de la hausse des impôts directs recouvrés pour un montant de 1051,7 milliards, dépassant l'objectif semestriel de 954,0 milliards, soit un taux de réalisation de 110,2%. Les impôts sur les sociétés recouvrés 572,6 milliards pour un objectif de 406,4 milliards. Les taxes sur les biens et services ont généré 895,7 milliards.
Un recouvrement de 100,1% pour les droits de porte
Les droits de porte ont été réalisés à hauteur de 222,3 milliards pour un objectif semestriel de 222,1 milliards, soit un taux de mobilisation de 100,1% et une progression de 24,2 milliards (+12,2%) en glissement annuel. Les droits de porte hors pétrole (y compris redevances) sont recouvrés à 187,8 milliards pour 196,1 programmés, soit 95,8%, tandis que les droits de porte sur les produits pétroliers atteignent 34,5 milliards pour un objectif de 26,0 milliards, soit 132,7%. Cette bonne tenue du cordon douanier est en lien avec la hausse des prix des produits pétroliers, phénomène exogène, tandis que les droits de porte hors pétrole demeurent en moins-value par rapport à l’objectif semestriel, malgré leur progression en glissement annuel (+15,9 milliards ou +9,2%). Les autres droits et taxes perçus au cordon douanier (Pse, Cosec, Promad et taxes à l'exportation) se sont chiffrés à 47,8 milliards pour un objectif de 45,9 milliards, soit un taux de 104,1% et une hausse de 2,7 milliards (+6,0%) en glissement annuel.
140,7 milliards générés par le Pres sur un objectif de 221,1 milliards
Le Plan de redressement économique et social (Pres) a permis de mobiliser 140,7 milliards à fin juin 2026, contre un objectif de 221,1 milliards, soit un taux de réalisation de 63,6% et une moins-value de 80,4 milliards. Cet écart est essentiellement expliqué par les moins-values sur la taxation des jeux de hasard (-61,5 milliards, dont -56,4 milliards imputable au prélèvement sur les gains de jeux, réalisé à 49,7% de sa cible) et sur la taxation des exportations de minerais (-13,3 milliards, mesure non encore opérationnalisée). L'écart de plus de trente points entre le niveau de réalisation des prélèvements sur les gains de jeux (49,7%) et de la taxe sur les revenus des opérateurs (81,7%) souligne un problème de captation à la source plutôt qu’une baisse de régime du secteur. La mise en place, en cours, d'une plateforme de supervision des opérateurs de jeux devrait permettre d'y remédier. Les recettes issues du mobile money se sont établies à 124,9 % de l’objectif, dégageant une plus-value de 8,4 milliards, sous l’effet notamment de la taxe sur les opérations de transfert d’argent, exécutée à 128,9%. Cette performance résulte toutefois de l’encaissement exceptionnel de 32 milliards, versés par une société émettrice de monnaie électronique au titre de l’apurement de son passif. Hors ce versement ponctuel, cette rubrique aurait enregistré une moins-value de 23,6 milliards par rapport à l’objectif.
Aucun don budgétaire mobilisé sur une prévision annuelle de 46,3 milliards
Les recettes non fiscales ont été recouvrées à hauteur de 124,2 milliards à fin juin 2026, soit 112,9% de la cible semestrielle de 110,0 milliards. En glissement annuel, elles ont augmenté de 7,6 milliards (+6,5%), attribuable principalement à la forte mobilisation des revenus du domaine 23,2 milliards, soit 464,0% de l’objectif de 5,0 milliards ; Les recettes d'exploitation des hydrocarbures : 37,6 milliards, soit 143,0% de l'objectif de 26,3 milliards. En plus de la redevance radioélectrique (Artp) : 25,9 milliards, soit 104,4% de l'objectif (24,8 milliards), en repli de 1,7 milliard (-6,2%) en glissement annuel ; etc. Cependant, pour les autres recettes non fiscales 2 milliards seulement ont été recouvrés pour un objectif de 14,3 milliards. Les dons reçus se sont chiffrés à 34,4 milliards, soit un taux de réalisation de 18,0% de l'objectif annuel de 191,5 milliards. Ils se composent exclusivement de dons en capital (34,4 milliards reçus, soit 23,7% de la cible de 145,2 milliards), aucun don budgétaire n'ayant, à ce stade, été mobilisé sur une prévision annuelle de 46,3 milliards.
Les dépenses du budget exécutées à hauteur de 40,1%
Les dépenses totales du budget général ont été exécutées à hauteur de 2874,7 milliards à fin juin 2026, correspondant à un taux d’exécution de 40,1% des prévisions de la Lfi 2026. Les dépenses ordinaires se sont chiffrées à 2 196,4 milliards, soit 50,2% des prévisions budgétaires. Elles ont été principalement portées par les dépenses de personnel qui se sont chiffrées à 759,6 milliards représentant 49,6% des crédits ouverts par la Lfi et par les transferts courants, exécutés à hauteur de 658,5 milliards, soit un taux d’exécution de 52,2%. Sur les dépenses de personnel, la rémunération des salariés est arrêtée à 743,4 milliards (97,9% du total) et 16,2 milliards de dépenses de prestations sociales. L’effectif des agents de l’État s'établit à 198 232 agents à fin juin 2026, contre 188 576 agents à la même période de l’année précédente, soit une progression de 9 656 agents.
165 milliards de subventions accordées au secteur de l’énergie au premier semestre 2026
S’agissant des dépenses de transferts courants (658,5 milliards), les crédits pris en charge ont baissé de 186,4 milliards. La répartition des crédits se présente comme suit : les « Affaires économiques » concentrent 283,4 milliards des crédits de transferts, soit 43,0% et ces dépenses comprennent principalement les subventions accordées au secteur de l’énergie pour un montant total de 165,5 milliards ; à la compagnie « Air Sénégal » pour 13,5 milliards ; à la Société nationale de gestion du patrimoine du Train express régional pour 16,1 milliards ; à l’unité de gestion du Comité d'organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 pour 5 milliards ; etc. Mais aussi, des transferts au secteur de l’« Enseignement » qui concentrent 169,4 milliards des crédits et sont orientés principalement vers la prise en charge des bourses et allocations scolaires des étudiants pour 56,5 milliards ; les universités et écoles d’ingénieurs pour respectivement 55,2 milliards et 1,9 milliard ; les centres des œuvres universitaires pour 30,2 milliards ; les Isep pour 2,5 milliards ; la Sosepa Sn pour 16,9 milliards ; etc.
Les charges financières de la dette s’élèvent à 621,2 milliards
Les charges financières de la dette ont, pour leur part, atteint 621,2 milliards, dont 453,1 milliards au titre de la dette extérieure et 168,1 milliards pour la dette intérieure. Les dépenses en capital ont été réalisées à hauteur de 678,3 milliards à fin juin 2026, soit un taux d’exécution de 24,2% par rapport aux prévisions de la Lfi. Elles comprennent les investissements financés sur ressources internes qui se sont chiffrés à 397,2 milliards, décomposés en investissements directement exécutés par l’État pour 137,6 milliards et transferts en capital pour 259,6 milliards. Les investissements sur ressources extérieures se sont globalement établis à 281,1 milliards, financés principalement par des prêts-projets pour un montant de 246,7 milliards et de dons en capital pour 34,4 milliards.
Le déficit budgétaire est ressorti à 257,4 milliards
Le déficit budgétaire est ressorti à 257,4 milliards à fin juin 2026, représentant 1,1% du Pib, pour une cible annuelle fixée à 1 245,1 milliards, soit 5,37% du Pib dans la Lfi 2026. Ce niveau, inférieur à la trajectoire annuelle prévue, traduit une exécution budgétaire globalement maîtrisée. Le Fonds national de Retraite (Fnr) a dégagé un excédent financier à fin juin 2026. Les recettes se sont établies à 96,0 milliards, portées principalement par l’augmentation du nombre de cotisants, passé de 155 540 à 160 571. Les dépenses se sont élevées à 81,2 milliards, correspondant à un taux d’exécution de 43,9% des prévisions de la Lfi 2026. Au total, l’exécution du Fnr fait ressortir un solde excédentaire de 14,8 milliards à fin juin 2026, contre 13,2 milliards un an auparavant, soit une amélioration de 1,6 milliard.
153 organismes publics disposent d’un budget de 1868,8 milliards
Les 153 organismes publics suivis disposent d’un budget annuel cumulé de 1868,8 milliards. A fin juin 2026, les crédits exécutés se sont établis à 546,7 milliards, soit un taux de réalisation global de 29,3%. Cette exécution concerne principalement les dépenses de fonctionnement, réalisées à hauteur de 389,9 milliards (38,2%), tandis que les dépenses d’investissement ont atteint 156,8 milliards (18,5%). Les dépenses de personnel se sont situées à 126,3 milliards, soit un taux d’exécution de 44,1%. Parallèlement, les recettes mobilisées par ces organismes se sont établies à 616,4 milliards, correspondant à 33,0% des prévisions.
M. CISS