Le tribunal des flagrants délits de Dakar a condamné hier, mercredi 29 avril 2026, à 7 jours de prison ferme, 12 des 15 femmes qui ont comparu pour racolage sur la voie publique, défaut de carnets sanitaire et outrage public aux bonnes mœurs. Parmi elles : des mères de familles, une divorcée et des célibataires. Toutes âgées entre 19 et 38 ans.
Elles étaient 15 femmes dont 4 Sénégalaises et 11 de nationalité nigériane et bissau-guinéenne à être jugées hier, mercredi 29 avril 2026, pour racolage sur la voie publique, défaut de carnet sanitaire et outrage public aux bonnes mœurs. Toutes ces femmes dont la tranche d'âge varie entre 19 et 38 ans ont été interpellées dans la zone de Ngor, Almadies et Ouakam, avec des tenues indécentes et à des heures tardives de la nuit, en attente de potentiels clients. Attirés par ce comportement qui défie la morale, les enquêteurs ont procédé à leur interpellation les unes après les autres. Parmi elles, il y a 8 Nigérianes, 4 Sénégalaises et 3 Bissau-Guinéennes. Il s'agit de Khar Diouf (24 ans, célibataire, mère d'un enfant); Anita Aly (26 ans, de nationalité nigériane, célibataire sans enfant); Blessing Emmanuel (27 ans, Nigériane); Néné Sonko (19 ans, Bissau-Guinéenne, célibataire sans enfants); Loveth Evbu Osegbe (29 ans, Nigériane, célibataire et mère de 2 enfants); Eva Mané (24 ans, Bissau-Guinéenne, célibataire sans enfant-; Aïssatou Kandé (32 ans, Bissau-Guinéenne et célibataire sans enfant); Joséphine Emmanuelle Keiru (29 ans, Nigériane); Khady Bèye (Sénégalaise de 28 ans, divorcée et mère d'un enfant); Arame Bèye (Sénégalaise et célibataire de 24 ans); Ndèye Astou Ndoye (22 ans, Sénégalaise célibataire et mère d'un enfant); Oluwatoussin Juwom Aeroju (24 ans, Nigériane); Godstine Favor Okorie (26 ans et Nigériane); Zahra Eminem (38 ans, Nigériane, célibataire et mère de 2 enfants) et Christiana Sunday (28 ans, Nigériane et célibataire).
À la barre du tribunal, elles étaient toutes habillées en robes, tout en couvrant leurs têtes avec un foulard. Au cours de l'interrogatoire d'audience, la parole a été donnée en premier au lot des filles de nationalité nigériane qui s'exprimaient en anglais. Mais certaines d’entre elles ont d'ailleurs nié ces faits de racolage qui leur sont imputés. Seules Blessing Emmanuelle et Anita Aly ont reconnu être détentrices d'un carnet sanitaire. Certaines dans le groupe des Sénégalaises et des Bissau-Guinéennes ont aussi reconnu être porteuses du carnet sanitaire, tandis que d'autres ont contesté les faits de prostitution qui leur sont reprochés. "J'ai un carnet sanitaire. Pas plus tard que jeudi dernier, j'ai été à mon rendez-vous à l'hôpital", a soutenu la prévenue domiciliée à Touba, Khar Diouf.
Eva Mané, elle aussi, avoue: «je suis allée à l'hôpital où j'ai effectué mes visites avant qu'on ne me remette ma carte. C'est de là-bas aussi qu'on m'a remis des préservatifs. Moi-même, je me protège". Elle a d'ailleurs sollicité la clémence du juge en se fondant sur le fait que c'est elle seule qui paie les frais médicaux de sa mère malade.
Appelé à faire ses réquisitions, le procureur a requis contre chacune la peine de 1 mois de prison ferme. Mais, le parquetier a tenu à alerter les filles de nationalité étrangère : "on ne va pas accepter que vous veniez au Sénégal pour exercer ce métier". Au terme des débats, Khady Bèye, Arame Bèye et Oluwatoussin Juwom Aeroju ont été relaxées au bénéfice du doute, contrairement aux 12 restantes de la bande qui ont écopé de 2 mois dont 7 jours ferme. À la suite de ce verdict, le juge leur a signifié que ce travail qu'elles exercent demande un carnet sanitaire. «Vous avez intérêt à être en règle si vous voulez travailler», a martelé le magistrat.
Fatou D. DIONE