La polémique sur la gestion du centre médical de la Lonase prend une nouvelle tournure. Après la note d’information d’Abdourahmane Baldé dénonçant la nomination d’un médecin et d’un infirmier qu’il juge insuffisamment qualifiés pour prendre en charge la santé des agents, son prédécesseur Toussaint Manga prend la balle au rebond l’interpelle à son tour. L’ancien Directeur général livre sa version des faits et accuse son successeur de présenter une réalité « tronquée ».
La passe d’armes entre les deux hommes se durcit. Après la sortie d’Abdourahmane Baldé sur la situation du centre médical de la Lonase, Toussaint Manga riposte. L’ancien DG entend rétablir ce qu’il considère comme la vérité sur les recrutements et nominations contestés. Premier dossier, dit-il, « le statut de M. A. Diop ». Contrairement aux accusations laissant entendre qu’un médecin non habilité aurait été placé à la tête du centre médical, Toussaint Manga affirme que « l’intéressé n’a pas été recruté comme médecin praticien, mais comme cadre administratif ». Il précise que « M. Diop est titulaire d’un Master en management des programmes et des services de santé obtenu à l’Université de Bambey ». Pour l’ancien DG, « l’absence de soutenance du doctorat en médecine ne constituerait donc pas, à elle seule, un obstacle à l’exercice de fonctions de direction administrative dans une structure médicale ». Toussaint Manga va plus loin et invite son successeur à regarder également dans le rétroviseur. Il rappelle que « le centre médical a été dirigé par une juriste, Mme Diouf, avant son remplacement par le Dr Dia », présenté comme un proche d’Abdourahmane Baldé. Une manière de retourner contre le nouveau management l’argument de la qualification qu’il brandit aujourd’hui.
Le dossier explosif du Dr Dia
Mais c’est surtout le cas du Dr Dia, pharmacien, qui concentre les accusations les plus lourdes. Toussaint Manga affirme avoir lui-même « contesté l’octroi d’un CDI au praticien alors que celui-ci disposait déjà d’une officine privée à Louga ». Selon l’ancien DG, cette situation aurait dû faire l’objet de mesures de remplacement afin d’éviter une incompatibilité avec les règles professionnelles. Plus grave encore, Toussaint Manga évoque un « possible conflit d’intérêts ». Il affirme que « le Dr Dia a fait agréer sa propre pharmacie auprès de la Lonase et a ensuite certifié les factures émises par cette même officine alors qu’il dirigeait le centre médical », révèle Dr Manga. Des accusations que l’ancien DG présente comme suffisamment sérieuses pour avoir conduit à la résiliation du contrat du pharmacien. Il affirme que l’Ordre des pharmaciens et la justice ont été saisis.
L’infirmier au cœur de la controverse
Sur le recrutement de l’infirmier mis en cause dans la note d’information d’Abdourahmane Baldé, Toussaint Manga conteste l’idée qu’une irrégularité aurait été commise. Sa position est catégorique « aucun texte n’interdirait à la Lonase de recruter des agents de santé ne disposant pas exclusivement d’un diplôme d’État ». L’ancien DG rejette ainsi l’argument selon lequel « le profil retenu est, par principe, incompatible avec les besoins de la structure médicale ».
« Parlons aussi du chauffeur de Kolda »
Dans cette contre-attaque, Toussaint Manga ne se limite toutefois pas aux questions médicales. Il invite Abdourahmane Baldé à s’expliquer sur certains recrutements opérés sous sa responsabilité. Il évoque le cas d’un proche du successeur recruté comme chauffeur pour l’agence de Kolda. Selon son récit, l’intéressé n’aurait pas été en mesure d’assurer correctement ses fonctions, obligeant la Lonase à solliciter le chauffeur de Ziguinchor pour assurer la transmission mensuelle, tandis que le chef d’agence de Kolda aurait dû conduire lui-même certaines missions internes. Une accusation que l’ancien DG utilise pour dénoncer ce qu’il considère comme une « amnésie sélective » de son successeur.
Une équipe médicale déjà structurée
Sur la composition de l’équipe médicale, Toussaint Manga veut remettre les pendules à l’heure. Il assure que « la Lonase employait déjà des médecins spécialistes sous contrat à durée déterminée dans plusieurs disciplines comme la pédiatrie, la gynécologie ou encore la dentisterie. Mieux un recrutement était en cours pour l’engagement d’un médecin permanent appelé à seconder le Dr Sylla » informe Toussaint Manga.
Autrement dit, l’ancien DG réfute l’image d’un centre médical livré à des personnels dépourvus des compétences nécessaires. Pour lui, la réalité serait celle d’une structure disposant déjà de spécialistes et engagée dans un processus de renforcement de son dispositif médical.
Fatou DIOP