Le premier véritable test de la course à la succession d’António Guterres est désormais passé. Réuni ce jeudi 30 juillet 2026, le Conseil de sécurité des Nations unies a organisé son premier « straw poll » « sondage informel », un vote d’orientation à bulletins secrets destiné à mesurer le niveau de soutien dont bénéficient les différents candidats au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. À l’issue de cette consultation, l’ancien président sénégalais Macky Sall demeure dans la course, même si les premiers résultats placent les candidatures latino-américaines en position de force.
Le mandat d’António Guterres arrive à son terme le 31 décembre 2026. Conformément à la procédure en vigueur, les quinze membres du Conseil de sécurité, dont les cinq membres permanents disposant d’un droit de veto, ont été invités à se prononcer de manière anonyme sur chacun des candidats.
Chaque délégation pouvait exprimer l’une des trois positions prévues par la procédure : « Encourage » (avis favorable) pour marquer son soutien à une candidature, « Discourage » (avis défavorable) pour signifier son opposition, ou « No opinion » (sans opinion) lorsqu’elle ne souhaitait exprimer ni soutien ni rejet.
Si ce scrutin n’a aucune valeur contraignante, il constitue un indicateur politique particulièrement scruté. Il permet d’identifier les candidats capables de rassembler un consensus au sein du Conseil de sécurité avant les prochaines étapes du processus de désignation.
Rebeca Grynspan prend les commandes
Selon les résultats obtenus par PassBlue, média indépendant basé au sein du corps de presse des Nations unies à New York et spécialisé dans la couverture des affaires internationales, la Costaricienne Rebeca Grynspan s’impose nettement en tête de ce premier sondage.
L’ancienne vice-présidente du Costa Rica recueille 10 votes favorables, contre un vote défavorable et quatre avis sans opinion. Elle devance Carolyn Rodrigues-Birkett, ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana, qui obtient 9 soutiens, 2 oppositions et 4 avis sans opinion.
L’Argentin Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), occupe la troisième position avec 7 votes favorables, 2 votes défavorables et 6 avis sans opinion.
Macky Sall conserve toutes ses chances
Avec 6 votes favorables, 7 avis défavorables et 2 avis sans opinion, Macky Sall se situe au cœur du peloton des candidats. L’ancien président sénégalais obtient le même nombre de soutiens que l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, qui recueille pour sa part 6 encouragements, 5 oppositions et 4 avis sans opinion.
Le candidat sénégalais devance toutefois María Fernanda Espinosa, ancienne présidente de l’Assemblée générale des Nations unies et ancienne ministre équatorienne des Affaires étrangères, créditée de 5 soutiens, 2 avis défavorables et 8 avis sans opinion.
L’Ougandais Olara Otunnu, entré tardivement dans la compétition, ferme la marche avec 2 votes favorables, 5 oppositions et 8 avis sans opinion.
Ces résultats montrent que Macky Sall, même s’il n’apparaît pas comme le favori de ce premier tour, conserve une marge de manœuvre diplomatique et reste un candidat crédible dans la bataille pour la succession d’António Guterres.
Une bataille diplomatique encore ouverte
Ce premier « straw poll » (sondage informel) ne constitue qu’une première photographie des rapports de force. Plusieurs autres tours de consultation à huis clos sont attendus dans les prochaines semaines afin d’évaluer l’évolution des positions des membres du Conseil de sécurité.
L’objectif sera d’identifier un candidat capable de recueillir un soutien suffisamment large, tout en évitant l’opposition d’un des cinq membres permanents disposant du droit de veto : les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni.
Une fois un consensus trouvé, le Conseil de sécurité transmettra sa recommandation à l’Assemblée générale des Nations unies, qui procédera à la nomination officielle du prochain secrétaire général.
À ce stade, aucune candidature ne s’est imposée définitivement. Rebeca Grynspan bénéficie d’une première dynamique favorable, mais la compétition reste ouverte. Pour Macky Sall, l’enjeu sera désormais de convaincre davantage de membres du Conseil de sécurité au fil des prochains tours de consultation afin de transformer cette première étape en véritable percée diplomatique.
Sidy Djimby NDAO
ENCADRÉ
CANDIDATURE À L’ONU
L’équipe de Macky Sall relativise les résultats des consultations
L’équipe de campagne de Macky Sall a réagi aux résultats des consultations informelles organisées le 30 juillet 2026 au sein du Conseil de sécurité de l’ONU pour désigner le prochain secrétaire général des Nations unies.
Dans un communiqué publié sur le site de campagne, mackysall4un.org, elle estime que le processus reste « ouvert » et qu’« aucun résultat n’est définitif » à ce stade. Selon elle, ce premier vote-test fait apparaître une tendance favorable à une candidature féminine issue de la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, mais cette orientation demeure provisoire dans l’attente d’un consensus au sein du Conseil de sécurité.
L’équipe de Macky Sall rappelle que, conformément à l’article 97 de la Charte des Nations unies, la nomination du secrétaire général revient à l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité. Cette recommandation doit obtenir au moins neuf voix sur quinze, sans opposition d’un membre permanent disposant du droit de veto.
La campagne de l’ancien président sénégalais affirme poursuivre ses démarches diplomatiques en vue des prochaines étapes du processus de sélection.
SDN