PROFESSIONNALISATION ET FINANCEMENT DES COLLECTIVITÉS SOCIO-ÉDUCATIVES : Ce qu'il faut pour sortir le secteur de l'ornière



 
 
Ça va de mal en pis dans dans les collectivités socio éducatives au Sénégal. Célestin Marie Tine propose cependant une thérapie de choc pour redonner au secteur ses lettres de noblesse : il s'agit de la professionnalisation par la valorisation des acteurs diplômés dans la fonction publique et du financement du secteur en question. 
 
 
 
 
En marge de la cérémonie de dédicace de son nouveau ouvrage intitulé "les collectivités éducatives : parcours, héritage et perspectives (1970-2019). Témoignage d'un enfant-colon devenu directeur national", M. Tine a d'emblée déploré le triste sort réservé aux moniteurs.  "En 2019, 20.000 moniteurs ont été formés ; ils sont là éparpillés dans le pays et qui ne sont en activité que pendant 3 mois ;  est ce que c'est normal ?, a-t-il aissé entendre. 
 
Le diplôme de moniteur élevé au rang d'animateur socio éducatif 
 
M. Tine suggère aussi que e diplôme de moniteur de collectivité éducative soit élevé au rang de métier de l'animation socio éducative, histoire de permettre à ces moniteurs là,  au delà des 3 mois de  vacances, qu'ils puissent être opérationnels.  "Figurez vous que jeunesse, sport et loisirs  sont des compétences transférés aux collectivités locales.  Mais aujourd'hui ces collectivités locales ne savent pas quoi en faire". Et de poursuivre, "il nous revenait déjà,  nous ministère de la jeunesse et des sports d'aller vers eux. Mais j'ai toujours dit aux mouvements de jeunesse d'aller vers ces collectivités locales,  proposer des programmes et des activités pour que les enfants dans les coins les plus  reculés puissent bénéficier de ces activités de vacances. Les collectivités éducatives sont une école de vie, l'enfant n'y va pas pour chanter et danser seulement.  On lui apprend beaucoup de choses qui, revenu chez lui, il est moteur de transformation, de changement". 
 
20.000 moniteurs formés mais opérationnels que pour 3 mois 
 
La professionnalisation du secteur reste une priorité pour M. Tine. "'Qu'est ce qu'on peut faire pour que ces animateurs là puissent avoir un diplôme , c'est déjà un diplôme d'État mais un diplôme  valorisé par la fonction publique, et qu'il puisse accéder à un métier. Je crois que les métiers de l'animation socio éducative existent. C'est important qu'on puisse le faire". Autre point important qui lui tient à coeur, c'est le financement des collectivités socio éducatives. 
 
Des bourses de vacances pour les enfants de parents démunis
 
Autrefois, aux premières heures de l'indépendance, c'est le ministère de la jeunesse et des sports qui finançait les associations pour organiser.  "Je me rappelle dans les années 1970, j'ai  bénéficié de colonies de vacances sans bourse délier. Mes parents n'ont rien payé. Mais aujourd'hui pour aller en colonies de vacances, les parents paient. Autrement tu ne peux pas aller en colonies de vacances. C'est à l'Etat d'élargir cela, donner des bourses de vacances pour que les enfants puissent accéder aux collectivités éducatives".
 
Il a déploré également l'immixtion des entreprises et autres sociétés nationales dans l'organisation des collectivités éducatives. 'Ces entreprises et sociétés nationales mettent 100 millions F Cfa dans une collectivité éducative à l'étranger. Cela aurait pu aider, s'ils pouvaient investir ces 100 millions là au Sénégal et organiser des centres aérés, des patronages sur toute l'étendue du territoire", 
 
L' immixtion des agences de voyage dans les colonnes de vacances dénoncées
 
Depuis l'application des textes liés aux appels d'offres, l'Etat du Sénégal, vu que les budgets des colonies de vacances grossissaient, a décidé que les colonies de vacances fonctionnent sous le régime des appels d'offres avec un dossier tellement costaud au point que les directeurs des collectivités éducatives ne puissent plus maintenant compétir. Résultats des courses, des agences de voyages  qui, au départ, étaient là pour vendre des billets d'avions, compétissent et gagnent les collectivités éducatives. "Et si maintenant il arrive qu'on sous-traite avec un directeur de collectivités, ce dernier dirige la colonie sans voir la couleur de l'argent. Une agence qui gagne le marché et ne vous laisse pas gérer, vous refusez d'y aller", conseille-t-il à ses collègues directeurs de collectivités éducatives.
 
Vieux Père NDIAYE 
LES ECHOS

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