Le Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (Frapp) a annoncé, dans un communiqué rendu public hier, avoir adressé des correspondances au Premier ministre et au président de l’Assemblée nationale concernant la question de la dette publique. Cette annonce intervient alors qu’on s’approche de l’arrivée d’une mission du Fonds monétaire international (Fmi) au Sénégal.
Dans un communiqué publié vendredi, l’organisation affirme avoir demandé au gouvernement des clarifications sur sa « nouvelle doctrine » en matière d’endettement public. Le mouvement souhaite notamment connaître la position de l’État concernant les dettes relevées par la Cour des comptes, son attitude vis-à-vis des créanciers internationaux, ainsi que les orientations envisagées en matière de politique économique.
« Quelle sera la position du gouvernement concernant les dettes relevées par la Cour des comptes ? Quelle sera l’attitude de l’État face aux créanciers ? Le gouvernement compte-t-il s’engager dans des politiques d’austérité qui feront payer la crise aux populations ? Quelle place entend-il accorder au Fmi dans les choix économiques et financiers du Sénégal ? », interroge le Frapp.
L’organisation appelle également à la mise en place officielle d’un comité d’audit citoyen de la dette. Selon elle, cette structure devrait réunir des représentants des institutions publiques, des organes de contrôle, de l’Assemblée nationale, des organisations citoyennes ainsi que des experts indépendants issus de différents domaines.
Dans sa lettre adressée au président de l’Assemblée nationale, le Frapp propose par ailleurs la création d’une commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner les conditions dans lesquelles la dette publique a été contractée, gérée et utilisée. Selon le mouvement, cette commission devrait permettre « d’identifier les responsabilités politiques, administratives et techniques liées aux engagements pris au nom du peuple sénégalais ».
Le Frapp estime que les conséquences de la situation actuelle ne doivent pas être supportées par les populations. « Les travailleurs, les paysans, les éleveurs, les pêcheurs, les commerçants, les étudiants et les citoyens ne doivent pas être appelés à se serrer davantage la ceinture pour satisfaire les exigences des créanciers », affirme le communiqué.
Le mouvement critique également le rôle du Fmi, qu’il considère comme l’un des acteurs ayant contribué aux difficultés actuelles. Selon le Frapp, l’institution financière internationale a « accompagné, cautionné et encouragé des politiques qui ont renforcé la dépendance économique » des États africains.
Le communiqué intervient dans un contexte marqué par les débats autour de la gestion des finances publiques et des conclusions de la Cour des comptes relatives à la dette publique.
Dans la foulée de cette prise de position, le fondateur du Frapp, Guy Marius Sagna, a partagé sur les réseaux sociaux une déclaration prononcée le 8 novembre 2025 par Ousmane Sonko, alors président du parti au pouvoir.
Lors de cette intervention, Ousmane Sonko avait rappelé les engagements du programme porté par le candidat Bassirou Diomaye Faye concernant la réforme des fonds politiques. « Nous avions dit que nous supprimerons les fonds dits politiques et les remplacerons par des fonds spéciaux votés par l’Assemblée pour les opérations ultra sensibles », déclarait-il, ajoutant que ces fonds spéciaux devaient faire l’objet de contrôles spécifiques a posteriori par une sous-commission parlementaire composée de membres assermentés.
Le président du Pastef indiquait également que cette réforme figurait parmi les mesures devant être mises en œuvre durant les trois premières années du mandat présidentiel. « Nous avons mis sur pied une commission de travail. On fera ce qu’il faut et les projets de loi seront déposés dans les délais », affirmait-il.
Le partage de cette déclaration par Guy Marius Sagna intervient alors que les questions de transparence, de contrôle des finances publiques et de responsabilité dans la gestion de la dette occupent une place centrale dans le débat public sénégalais.
Sidy Djimby NDAO