L’État du Sénégal va encore patienter pour espérer recevoir de la France le colis tant espéré : Madiambal Diagne. Et pour cause, la Cour d'appel de Versailles a rendu hier matin un avis «partiellement favorable» concernant l'extradition du patron de presse sénégalais, critique du pouvoir de Dakar. La Cour d'appel de Versailles a justifié dans un communiqué avoir émis un avis «partiellement favorable sur la demande d'extradition, compte-tenu de la prescription partielle d'une partie des faits visés». Du côté de la défense du journaliste, qui a décidé de se pourvoir en cassation, cette décision est considérée comme une demi-victoire qu’ils n’oseraient pas espérer devant la justice sénégalaise.
La justice française a rendu mardi matin un avis «partiellement favorable» concernant l'extradition de Madiambal Diagne, patron de presse sénégalais, critique du pouvoir de son pays. La Cour d'appel de Versailles a justifié dans un communiqué avoir émis un avis «partiellement favorable sur la demande d'extradition, compte-tenu de la prescription partielle d'une partie des faits visés».
Le recours pas suspensif, mais…
Réagissant à la décision du tribunal, l’avocat du journaliste, qui annonce déjà se pourvoir en cassation, dit voir la décision de justice comme une demi-victoire que son client n’oserait pas espérer devant la justice sénégalaise. «C'est pour nous une demi-victoire, parce que nous n'avons pas été entièrement suivis dans notre argumentation», a déclaré Me Vincent Brengarth, précisant qu'il compte former un pourvoi en cassation. «Ce pourvoi n'est pas suspensif de droit, mais il est évident que compte tenu de l'importance publique de cette affaire, compte tenu de l'importance des enjeux nationaux, internationaux, on n'imagine pas qu'un décret (d'extradition) intervienne dans des conditions aussi dégradées… et si un décret intervient, il pourra être contesté auprès du conseil d'État», a fait savoir Me Brengarth.
Pression des autorités sénégalaises ?
Mais déjà, croit-il savoir, les pressions exercées par les autorités sénégalaises ne sont pas pour rien dans la décision rendue par la Cour. «Il est en effet difficile de croire que l'avis rendu aujourd'hui ne soit absolument pas influencé par les pressions exercées par les autorités sénégalaises, car je vous rappelle qu'il y a eu un chantage exercé sur les autorités françaises, consistant à dire que la réciprocité prendrait fin si M. Diagne et d'autres ressortissants sénégalais n'étaient pas remis aux autorités sénégalaises», a expliqué Vincent Brengarth, avocat français de Madiambal Diagne.
Rappel des faits
Pour rappel, c’est en septembre que les autorités sénégalaises avaient émis un mandat d'arrêt international contre Madiambal Diagne. Ce dernier, qui avait été convoqué dans le cadre d'une enquête portant sur de présumées transactions financières suspectes, avait quitté le territoire sénégalais pour la France fin septembre. C’est ainsi qu’il avait été interpellé le 21 octobre 2025 suite à l'émission, par un juge d'instruction du collège des juges d'instruction financiers du Pool judiciaire financier du Tribunal de grande instance de Dakar, d'un mandat d'arrêt aux fins d'arrestation et de rapatriement vers le Sénégal du patron de presse, dans le cadre d'une procédure ouverte des chefs d'association de malfaiteurs, escroquerie portant sur des deniers publics et blanchiment de capitaux commis par un groupe criminel organisé et par l'utilisation de facilités que procure l'exercice d'une activité professionnelle. «Les autorités sénégalaises avaient ensuite transmis à la France une demande d'extradition, au titre du mandat d'arrêt précité Madiambal Diagne avait été placé sous contrôle judiciaire le 21 octobre 2025», a noté la Cour dans sa décision.
Sidy Djimby NDAO
(Correspondant permanent en France)