PRISONS SENEGALAISES : Le personnel pénitentiaire loin de couvrir les besoins avec 1 surveillant pour 11 détenus




 
 
 
Sur les 37 établissements pénitentiaires que compte le Sénégal, le personnel des établissements pénitentiaires dénombré en 2024 est de 2244 dont 1883 hommes (83,9%) et 361 femmes (16,1%). Avec une capacité d'accueil réelle de 9768 places, les prisons sénégalaises hébergent 13.685 détenus en 2024, soit un taux d'occupation de 140 détenus pour 100 places (140%). La dotation en personnel pénitentiaire est en deçà des normes avec 1 surveillant pour 11 détenus.
 
 
 
 
 
 
Le personnel des établissements pénitentiaires est de 2244 dont 1881 hommes et 361 femmes
 
 Concernant les établissements et personnel pénitentiaire, le Sénégal compte 37 établissements pénitentiaires répartis en quatre catégories en 2024 : 32 maisons d'arrêt et de correction dont une pour femmes (Mac Rufisque); deux maisons d'arrêt (maison d'arrêt Rebeuss et maison d'arrêt pour Femmes de Liberté VI) ; une Maison de correction (Sébikotane); deux camps pénaux (Liberté VI et Koutal). La région de Dakar se distingue nettement avec 8 établissements pénitentiaires, soit 21,6% des infrastructures carcérales du pays. Les régions de Diourbel, Fatick, Kaolack, Louga, Saint-Louis, Thiès et Ziguinchor comptent chacune 3 établissements pénitentiaires alors que Kolda et Tambacounda en disposent 2 chacune. Les régions de Kaffrine, Kédougou, Matam et Sédhiou ont seulement, chacune un établissement pénitentiaire. Le personnel des établissements pénitentiaires, en 2024, est dénombré à 2244 dont 1883 hommes (83,9%) et 361 femmes (16,1%). Plus de 86,5% d'entre eux sont des surveillants, 8,5% constituent des agents administratifs et 2,7% travaillent comme contrôleurs. Par ailleurs, les femmes sont moins représentées que les hommes dans toutes les catégories.
 
Un ratio de 1 surveillant pour 11 détenus
 
La situation du personnel pénitentiaire est loin d'être satisfaisante en termes d'offre et de couverture. En effet, avec un ratio de 01 surveillant pour 11 détenus, la dotation en personnel pénitentiaire est bien en deçà des normes des Nations-Unies, qui préconisent un ration d'un agent pour deux détenus. Ce déficit du ratio entre le personnel pénitentiaire et les détenus est aussi noté dans la couverture (capacité d'accueil) des établissements par rapport à la population carcérale. De ce fait, la majeure partie des établissements pénitentiaires du pays sont surpeuplées car ayant des taux d'occupation (effectif carcéral sur capacité d'accueil réelle) supérieurs à 100%.
 
13.685 détenus pour 9768 places
 
En 2024, pour une capacité d'accueil réelle de 9768 places, les prisons sénégalaises hébergent 13685 détenus, soit un taux d'occupation de 140 détenus pour 100 places (140%). Cette situation est particulièrement marquée dans la région de Kédougou avec un taux d'occupation estimé à 195%. Les régions de Saint-Louis (178%), de Dakar (166%), de Kaffrine (160%), de Diourbel (159%) et de Thiès (157%) présentent également des taux d'occupation très élevés. Les seules régions ayant des taux d'occupation inférieurs à 100% sont Sédhiou (93%), Fatick (91%), et Ziguinchor (56%). Cette situation illustre un surpeuplement carcéral dans beaucoup de régions. L'effectif de la population carcérale s'élève respectivement à 12.910 détenus en 2023 contre 13.685 détenus en 2024. Concernant la répartition par sexe, la population carcérale est majoritairement composée d'hommes qui représentent respectivement 97,0% (12.239) et 96,9% (12.524) de l'effectif global en 2023 et 2024. Entre ces deux années, l'effectif des hommes a connu une hausse importante de 740 en valeur absolue et 5,9% en valeur relative. Chez les femmes, on note également une hausse des effectifs de 35 en valeur absolue et 9,1% en valeur relative. L'effectif de la population carcérale est en hausse constante au regard des effectifs qui continuent d'augmenter d'une année à une autre. En effet, l'analyse des tendances en référence aux données des années précédentes, montre que de 11.675 personnes. En 2021, la population carcérale est passée à 12.550 personnes en 2022. Elle était évaluée à 12.910 personnes en 2023, avant de s'établir à 13.685 personnes en 2024. Autrement dit, de 2021 à 2024, la population carcérale est passée de 11.675 à 13.685 personnes entre 2021 et 2024, soit un taux d'accroissement annuel de 4,1%.
 
Les cas d’infractions les plus fréquentes sont le vol et le recel 21,2% et la détention de stupéfiants et trafics 20,9%
 
En 2024, « le vol et le recel » (21,2%) et « la détention de stupéfiants et trafics » (20,9%) représentent les cas d'infractions les plus fréquentes par les personnes adultes écrouées au Sénégal. Ils sont ensuite suivis par « les violences et menaces» (11,2%) et les autres infractions (10,4%). Les autres types d'infractions font chacune moins de 5%. Chez les mineurs écroués en 2024, les infractions les plus courantes constituent le « vol et recel » (48,9%), les « violences et menaces » (14,3%) et les « infractions sexuelles » (5,7%). Ces infractions sont suivies par les autres infractions » (5,5%) et les « homicides et violences graves » (2,7%). Chez les femmes écrouées, les «violences et menaces » et les «infractions administratives » constituent les principaux motifs d'incarcération avec respectivement 21,3% et 16,0% des cas d'infractions, suivis de la « détention de stupéfiants et trafics » (14,0%) ensuite viennent les « infractions sexuelles » (7,6%) et I' «escroquerie» (7,0%). Le «vol et recel » représente 5,6% des cas d'infractions chez les femmes. Le « vol et recel » et la « détention de stupéfiants et trafics » représentent respectivement 21,2% et 20,9% des infractions commises par les étrangers écroués. Les « infractions sexuelles » et les « infractions administratives » viennent en deuxième position avec 11,1% pour chacune. Le troisième rang est occupé par les «violences et menaces » avec 8.9%. Les autres d'infractions » constituent 7.7% des cas d'infractions commises par les étrangers.
 
 
M. CISS
 
 
 
 
LES ECHOS

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