Après quarante jours d’attente jugée insoutenable, le Collectif Lumière sur l’affaire Softcare sort de sa réserve et durcit le ton. Face au mutisme persistant des autorités sanitaires, les militants dénoncent un « choix politique contre le peuple » et avertissent : sans vérité ni mesures immédiates, ils appelleront au boycott total des produits Softcare et à une mobilisation de rue devant le ministère de la Santé.
Le Collectif Lumière sur l'affaire Softcare sort de son mutisme pour prévenir l'État de sa décision de durcir le ton dans une circulaire rendue public. Après 40 jours d’attente lassante, note la circulaire, la vérité attend toujours. Les militants de cette lutte brandissent la menace d’appeler au boycott et d’enclencher une campagne de diabolisation du produit. « Nous avertissons solennellement que si dans les prochains jours aucune vérité n’est rendue publique et aucune mesure n’est prise, nous appellerons au boycott total des produits Softcare et à une grande manifestation devant le ministère de la Santé », annonce avec véhémence le collectif.
Selon eux, « il n’y aura pas de confiance sans vérité ». Un appel à éclaircir la situation pour la santé de ses utilisatrices qui ont dénoncé dans les réseaux sociaux des effets secondaires dans leur plus grande intimité. « Il n’y aura pas de souveraineté sans contrôle populaire. Le peuple a le droit de savoir. Le peuple a le droit d’être protégé », préviennent-ils. Sous ce rapport, les motivations de cette radicalisation se trouvent dans le mutisme des autorités sur leur dénonciation et appels à clarification. « Aujourd’hui, quarante jours après, il n’y a toujours rien. Pas de rapport, pas de conclusions, pas de mesures visibles, pas de vérité. Pendant ce temps, les produits Softcare continuent de circuler librement sur le marché, comme si la santé du peuple sénégalais était une marchandise sans valeur » regrettent-ils.
Ainsi, pestent-ils avec détermination dans la dénonciation de ce silence troublant et complice. « Ce silence n’est pas une simple lenteur administrative. Ce silence est un choix politique. Un choix contre le peuple. Un choix pour protéger des intérêts privés au détriment de la sécurité sanitaire. Nous le disons clairement : la santé publique n’est pas un terrain de business opaque. Le peuple n’est pas un cobaye. La transparence, le “Jub, Jubal, Jubbanti”, n’est pas une option : c’est une obligation ».
Et pourtant, lit-on dans la circulaire, le 18 décembre 2025, le ministère de la Santé publiait un communiqué promettant qu’une mission serait diligentée sans délai pour faire toute la lumière sur l’affaire Softcare, à la suite d’une inspection de l’Agence de réglementation pharmaceutique. « Depuis ce communiqué, nous avons organisé une conférence de presse et déposé des lettres officielles pour exiger des clarifications immédiates. En retour, nous n’avons reçu que le mépris et le silence » conclut la circulaire.
BMS