Selon le ministère de l'Industrie et du Commerce (Mincom), l’étude financée par la Fao qui a conclu à la présence d'aflatoxines dans le riz relève d’une interprétation inexacte. En effet, ces résultats ont été comparés aux normes de l’Union Européenne alors que le Sénégal se réfère à la norme internationale Codex (Cxs 193 - 1995) qui fait autorité en matière de commerce mondial des denrées alimentaires. Ce qui fait dire au ministère que la valeur maximale relevée lors de l'étude (18,6 μg/kg) demeure conforme aux standards internationaux du Codex Alimentarius.
Dans un communiqué, le ministère de l'Industrie et du Commerce a démenti les informations sur les teneurs hors norme en aflatoxines du riz et les risques associés sur la santé des populations. Non sans apporter les éclaircissements nécessaires et à rassurer les consommateurs sénégalais. En effet, selon le ministère les informations mentionnées proviennent d'un plan de surveillance pilote, financé par la Fao et piloté par le Comité national du Codex. « Contrairement aux interprétations alarmistes, cette étude est ponctuelle et géographiquement limitée. Elle n'a porté que sur 200 échantillons à l'échelle de la population sénégalaise. Les échantillons ont été prélevés dans les villes de Dakar, Thiès et Kaolack, principalement auprès de restauratrices. En aucun cas, la faiblesse de cet échantillonnage ne permet de tirer des conclusions à portée nationale sur la qualité du riz consommé au Sénégal », relève le communiqué qui fait état d’une interprétation inexacte des normes de sécurité. « Le point de divergence majeur réside dans le référentiel utilisé. Les résultats de l'étude ont été comparés aux normes de l'Union Européenne 4 microgrammes par kilogramme (μg/kg), qui sont parmi les plus draconiennes au monde. Or, le Sénégal se réfère à la norme internationale Codex (Cxs 193 - 1995), qui fait autorité en matière de commerce mondial des denrées alimentaires. Cette norme fixe la limite maximale en aflatoxines totales à 20 microgrammes par kilogramme (μg/kg) pour le riz décortiqué. A cet égard, la valeur maximale relevée lors de l'étude (18,6 μg/kg) demeure conforme aux standards internationaux du Codex Alimentarius », informe le ministre de l’Industrie et du Commerce.
Contrôle systématique des produits alimentaires
Des précisions qui font dire au ministre qu'aucun prélèvement de l'étude ne provient des zones de production nationale (Vallée du fleuve Sénégal). «Les informations faisant état de 50% de contamination du riz local sont donc dénuées de tout fondement scientifique et factuel», note le communiqué qui mentionne, en outre, que « toute denrée alimentaire commercialisée au Sénégal, qu'elle soit produite localement ou importée, est soumise à un contrôle de conformité préalable à sa mise sur le marché, complété par des opérations régulières de suivi une fois les produits mis en circulation». A ce jour, renchérit le ministre, la Direction du Commerce intérieur, à travers sa Division de la Consommation et de la Sécurité des Consommateurs, dispose de 2059 résultats d'analyses réalisées entre janvier et juin 2026 sur divers produits, en sus des prélèvements effectués par ses services déconcentrés. A l’en croire, ces analyses ont été conduites par des laboratoires de référence reconnus : le Lanac, I'Ita, l'Institut Pasteur, l'Esp et le Ceres-Locustox. La surveillance du marché par la Direction du Commerce intérieur, poursuit-t-il, a été intensifiée pour prévenir toute mise en vente de produits impropres à la consommation.
Faible fréquence de l’aflatoxine sur le riz
En effet, pour le riz, le ministre annonce que le risque de contamination à l'aflatoxine n'a pas été retenu comme paramètre prioritaire lors de l'établissement du profil sanitaire des produits de grande consommation au Sénégal, en raison de sa faible fréquence habituelle dans cette denrée, contrairement à l'arachide. Ce qui lui fait dire que les plans de surveillance du riz ont été orientés vers des paramètres jugés plus pertinents, notamment les métaux lourds, dont l'arsenic, sans que cela, dit-il, ne traduise un relâchement du contrôle sanitaire.
M. CISS