PRES DE DEUX ANS DE L’AVENTURE PASTEF A LA TETE DU PAYS : Thierno Alassane Sall parle de la plus grande duperie du siècle




 
 
 
 
 
Face à la presse, Thierno Alassane Sall ne décolère pas contre le régime en place. Faisant le bilan de l’aventure du parti au pouvoir, il révèle que c’est la plus grande duperie du siècle. Pire, il a déploré ce qu’il qualifie de « minable guerre » entre les deux têtes de l’exécutif sur qui sera candidat en 2029.
 
 
 
 
 
Le président de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall a fait le bilan de la gouvernance Pastef après près de deux ans à la tête du pays. Et, les observations du député ne sont guère reluisantes. « Au bout de deux ans de l’aventure Pastef, on se rend compte que c’est la plus grande duperie du siècle, parce que c’est une duperie qui s’est bâtie sur les promesses les plus mirobolantes quant à l’éthique, la transparence et la fraternité, une société fondée sur l’égalité des droits, sur le don de soi pour la patrie. Un petit clan qui dirige le pays pour lui et pour les siens, mais qui est incapable de se mettre d’accord sur comment diriger le pays et qui dirige le pays », charge d’emblée le parlementaire qui rappelle que beaucoup d’Africains regardaient l’aventure de Pastef avec une certaine espérance et croyaient que quelque chose de grand allait se construire pour devenir un modèle pour l’Afrique.
 
Cette obsession du positionnement personnel affaiblit l’action publique
 
 Malheureusement, il se désole de constater que cet espoir a accouché d’une monstruosité. A en croire le député, le Sénégal qui était un modèle de stabilité est miné depuis un an par une guerre larvée, ouverte et éhontée. « Une minable guerre de chef s’installe entre les deux têtes de l’exécutif non pas pour le bonheur des Sénégalais, non pas pour le devenir des Sénégalais, non pas pour le changement du mode de vie des étudiants, mais simplement pour qui exerce la réalité du pouvoir et qui sera candidat en 2029. L’horizon politique semble se résumer aux élections de 2027 et 2029, comme si le pays pouvait se permettre cinq années d’immobilisme stratégique. Cette obsession du positionnement personnel affaiblit l’action publique, détourne l’État de ses missions fondamentales et installe une gouvernance de court terme, incompatible avec les défis structurels du Sénégal », s’indigne Thierno Alassane Sall.
 
Suspension des bourses familiales : une absence criante d’empathie
 
Poursuivant, le député déplore l’incapacité manifeste de l’État à mesurer l’impact social réel de ses décisions. « Dans un pays où les bourses familiales constituent souvent le dernier filet de sécurité pour des milliers de foyers, ces choix ne relèvent pas simplement d’une rigueur budgétaire mal calibrée. Ils révèlent une absence criante d’empathie et une méconnaissance profonde des mécanismes de résilience sociale », sérine le député qui révèle paradoxalement que le leadership au sommet de l’État ne se prive pas d’extravagances, dont les voyages intempestifs en jet privé, affrètement à répétition de l’avion présidentiel, etc. En effet, le député est persuadé qu’on ne peut invoquer la rationalisation des dépenses publiques sans discernement. « Le sens du sacrifice, abondamment convoqué dans les discours officiels, demeure ainsi à sens unique. Il est exigé des étudiants, des familles modestes et des travailleurs précarisés, mais rarement assumé par les décideurs eux-mêmes. Cette asymétrie nourrit un profond sentiment d’injustice et fragilise dangereusement le pacte social », fait remarquer Thierno Alassane Sall.
 
Un exécutif responsable ne gouverne ni dans la revanche, ni dans la précipitation …
 
En outre, le député estime que la justice apparaît instrumentalisée dans ces luttes de pouvoir. « Elle n’est plus perçue comme un pilier de l’État de droit, mais comme un levier de neutralisation politique », sérine le patron de la République des valeurs, avant d’ajouter : « un exécutif responsable ne gouverne ni dans la revanche, ni dans la précipitation, encore moins dans la confusion entre agendas personnels et intérêt national », précise le député qui a aussi déploré les incohérences de gouvernance, notamment à l’Olac. « Interrogé par Thierno Alassane Sall, sur un éventuel véhicule remis par un projet au Directeur général de l’Olac et immatriculé à son nom, le ministre de l’Hydraulique a déclaré ne pas se sentir concerné tant que le Conseil d’administration ne s’est pas prononcé. Or, n’est-ce pas précisément ce type d’argument qui aurait été jugé insuffisant, voire inacceptable, pour justifier le limogeage de Cheikh Dieng à l’Onas ? Dès lors, la question mérite d’être posée sans détour : Cheikh Dieng n’avait-il pas raison lorsqu’il soutient que son éviction serait liée à son refus d’exécuter une injonction visant à attribuer un marché aux entreprises Delta et Vicas ? Cette application sélective des principes de gouvernance alimente le soupçon de décisions politisées et affaiblit dangereusement la crédibilité de la lutte contre la corruption », fait remarquer M. Sall.
 
Quand un président de chambre civile statue en matière administrative  
 
Par ailleurs, le député est revenu sur l’affaire Aser. « La situation est d’autant plus troublante que la Cour avait été saisie d’un recours pour excès de pouvoir depuis le 2 octobre 2024 et qu’elle a rendu, entre-temps, deux ordonnances totalement contradictoires, en novembre 2024 puis en février 2025, séparées par la nomination d’un nouveau Premier président. Cette instabilité juridictionnelle affaiblit la lisibilité de la décision judiciaire et jette un sérieux doute sur la sérénité du processus. Plus grave encore, alors qu’il s’agit manifestement d’un recours en matière administrative relevant des chambres administratives, le dossier a été confié à la Deuxième chambre civile et commerciale, juridiquement incompétente pour connaître de ce type de contentieux. Le fait que le président de cette même chambre ait déjà rendu l’ordonnance de rétractation controversée du 21 février 2025 accentue le malaise », explique Tas, avant de poursuivre : « qu’un président de chambre civile statue en matière administrative constituait déjà une entorse grave aux règles de procédure ; persister dans cette voie relève d’une atteinte manifeste à l’État de droit », précise le député qui regrette de constater que le gouvernement du Sénégal s’emploie à démontrer que le marché litigieux se porte bien ; au point d’envoyer une délégation gouvernementale en Espagne, alors même que le financement est suspendu pour défaut de justification sur l’usage des 37 milliards. « Où sont passés ces 37 milliards ? Une question à laquelle l’État sénégalais devrait être le premier à exiger une réponse, bien avant la banque Santander », tranche Tas.
 
M. CISS
 
 
 
 
 
 
 
 
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