PR BABACAR GUEYE, FACILITATEUR DES ASSISES : «Les attentes de nos concitoyens en matière d’indépendance de la justice, d’efficacité et de proximité des services publics judiciaires sont fortes»




 
Il leur a fallu une semaine pour diagnostiquer la justice sénégalaise sous tous ses angles, avant de proposer des solutions pour une justice plus accessible au justiciable et qui réponde aux attentes des Sénégalais. Les participants du Dialogue national sur la justice ont tenu leur cérémonie de restitution des travaux, hier, à Diamniadio et le rapport final qui sera élaboré par la Commission scientifique sera remis au Président Diomaye Faye, initiateur de ces assises. Babacar Guèye, désigné facilitateur par le chef de l’Etat, a affiché toute sa fierté par rapport aux travail abattus par les deux principales commissions.
 
 
 
Maintenant que la Commission réforme et celle portée sur la modernisation de la justice ont toutes les deux livré les conclusions de leur réflexion sur le fonctionnement de la justice, la Commission scientifique va se mettre au travail pour finaliser le rapport qui devra être remis au chef de l’Etat. Le président Babacar Guèye, qui a supervisé les travaux en tant que facilitateur, n’a pas caché sa joie d’avoir été choisi pour cette ‘’mission si exaltante’’. Pour lui, «le chemin de la réforme et de la modernisation s’annonçait ardu, mais indispensable, difficile, mais pas impossible, puisqu’il s’agissait d’interroger et de secouer Dame justice afin de réconcilier la justice avec son peuple». Revenant sur la méthodologie de travail, Pr Guèye renseigne qu’ils ont, au cours de leurs  travaux, discuté de plusieurs sujets aussi importants les uns que les autres : les valeurs et les perceptions de la justice, son fonctionnement et son organisation, les acteurs et usagers, le Conseil supérieur de la magistrature, le régime de privation de liberté, le délai de traitement des procédures judiciaires, la prise en charge de la criminalité économique et financière, la spécialisation des juges et des juridictions etc.
Ces différents sujets, souligne-t-il, ont été traités sous deux angles portés par les deux grandes commissions de travail : la Réforme qui insiste sur les acquis, les points d’amélioration et la Modernisation qui s’est focalisée sur les ruptures, les innovations nécessaires pour une justice plus efficace, plus efficiente au service du peuple au nom duquel elle est rendue.
 
«Aucun changement n’est possible sans concession et même parfois sans compromis»
 
Si l’on en croit Babacar Guèye, «aucun changement n’est possible sans concession et même parfois sans compromis. Il ne s’agissait pas de défendre des corps au détriment d’autres, ni de critiquer ou de tout remettre en cause. Mais l’esprit des assises s’incarne dans un élan de prise en compte de l’intérêt supérieur de la nation en des termes inclusifs et constructifs», dit-il avant de poursuivre : «il offre l’occasion de proposer des axes majeurs de réforme et de modernisation d’une institution socle de notre démocratie : la justice».
Pr Guèye d’assurer que leurs travaux se sont orientés vers une perspective de réconciliation de la justice avec notre substrat culturel ; ce qui a conduit à évoquer les valeurs, les imaginaires et les perceptions de la justice. Cela rappelle la centralité de la justice au cœur de notre action. «Faut-il réformer les symboles de la justice ? Faut-il sénégaliser les attributs de la justice, toge, robe etc. ?», deux questions, renseigne le facilitateur du dialogue, à propos desquelles les participants ont donné une réponse affirmative et consensuelle pour que la justice puisse refléter nos valeurs, us et coutumes.
En plus de ces points essentiels sur la justice et les réalités culturelles sénégalaises, déclare-t-il, «nous avons eu des consensus forts sur des questions essentielles qui préoccupent les citoyens sénégalais et sénégalaises».
 
Ndeye khady D. FALL
 
LES ECHOS

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