En dépit de six points d’accord sur les dix que porte la plateforme revendicative des acteurs du transport, la Fédération des syndicats routiers du Sénégal a décidé de poursuivre la grève entamée depuis le 30 mars dernier. Ce qui va encore paralyser le transport, notamment interurbain.
Malgré des points d’accord jugés positifs, la grève des transporteurs entamée le 30 dernier se poursuit. En effet, au sortir de la rencontre avec le ministre des Transports terrestres Yankoba Diémé, la Fédération des syndicats routiers du Sénégal estime que les garanties actuelles sont insuffisantes pour lever totalement le mot d’ordre de grève. Pourtant, le dialogue a permis de débloquer six points de revendication essentiels. S’agissant de la modernisation du contrôle technique, le gouvernement a donné son accord pour le déploiement de bancs mobiles dans les régions pour éviter les déplacements massifs vers Dakar. Le lancement de cette mesure est prévu à la fin de ce mois d’avril 2026, avec une évaluation en juin. Les parties annoncent aussi que la possibilité de prolonger les délais de conformité jusqu’en juin 2026 est à l'étude. En ce qui concerne la fin des tracasseries liées au pesage, des instructions strictes ont été émises pour normaliser les contrôles effectués par Afrique Pesage sur les axes routiers ; avec une application immédiate sous surveillance permanente.
Un délai de six mois pour la régularisation des cartes grises
Sur l’un des points essentiels qui concernent la régularisation administrative (Cartes grises), il est prévu, à cet effet, le lancement d’un processus pour corriger les erreurs sur les cartes grises et optimiser la gestion des données des véhicules. Un délai de 6 mois a été fixé et sera accompagné d’une circulaire explicative pour les usagers. Concernant l’encadrement des contrôles des forces de l’ordre, il a été annoncé l’harmonisation des interventions des Forces de défense et de sécurité (Fds) pour limiter les abus. L'État mise, à cet effet, sur la vidéo-verbalisation pour moderniser et assainir les contrôles et les travaux sont en cours au sein d’un comité ad hoc.
Il a été, en outre, arrêté la création d’un cadre de dialogue permanent à travers la mise en place d’un Comité ad hoc tripartite (État, Syndicats, Acteurs du secteur) pour traiter les quatre autres points de revendication restants en vue de trouver des solutions consensuelles.
Tracasseries routières et la concurrence déloyale, les points d’achoppement
Le directeur des Transports, Babacar Fall, est revenu sur les principaux points d’achoppement constitués entre autres de l’annulation de l’opération de rappel des minicars, la concurrence déloyale et les tracasseries routières. Le directeur explique le désaccord sur ces points par ce qu’il qualifie de rivalités syndicales entre la Fédération des syndicats des routiers et l’Union des routiers du Sénégal. A l’en croire, l’intérêt général n’a pas primé durant les négociations. Et, vouloir s’arcbouter sur ces points d’achoppement, notamment les tracasseries routières et la concurrence déloyale, relève, selon lui, du chantage. Sur l’interdiction de rouler de minuit à 5 heures du matin, les transporteurs, indique M. Fall, ont demandé l’annulation de cette mesure ou tout au plus de la différer. Cette proposition, dit-il, ne relève d’aucun élément scientifique. Au contraire, il révèle que ce point nécessite une évaluation objective et doit être discuté dans le cadre du comité ad hoc. Idem pour la concurrence déloyale qu’il faut, dit-il, enrayer. Seulement, il précise que cela ne peut pas se faire tout de suite et maintenant. Il faudra un programme qui sera discuté avec les parties prenantes.
M. CISS