Le juge d’instruction du Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye est en plein dans l’affaire des présumés homosexuels. Depuis trois mois que cette affaire est enclenchée, le magistrat instructeur procède à des auditions, mais également à d’autres arrestations. Plus de 90 personnes ont été interpellées à ce jour, mais jusque-là, environ une quinzaine d’inculpés ne sont pas entendus au fond. Parmi eux, Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé et Mamadou Lamine Dieng. Ces derniers d’ailleurs s’étonnent que jusqu’à présent, ils ne soient pas convoqués par le magistrat instructeur. Par ailleurs, des proches de l’animateur de télé dénoncent la méthode utilisée pour procéder à ses interpellations multiples.
Depuis que cette affaire Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé, Mamadou Lamine Dieng et Cie est enclenchée, il ne se passe presque pas un jour sans que les gendarmes procèdent à des interpellations. Du coup on en est à plus de 90 arrestations, à ce jour. Les redoutables enquêteurs de la Brigade de recherches de Keur Massar agissent sur délégations judiciaires du juge d’instruction du Tribunal de Grande Instance de Pikine-Guédiawaye. En fait, l’enquête menée par le magistrat instructeur a conduit à ces arrestations. Le juge se fonde sur les téléphones des inculpés qui «parlent» ou bien des personnes entendues sur le fond.
Dans le camp de Pape Cheikh Diallo, ses proches s’étonnent justement du fait que depuis trois mois qu’il est en prison, il ne soit pas une seule fois convoqué au cabinet du magistrat instructeur pour être entendu sur le fond. L’animateur de télé n’est malheureusement pas le seul à prendre son mal en patience. Il nous revient qu’une quinzaine de personnes, au moins, attendent d’être auditionnées sur le fond. Parmi elles : Djiby Dramé et Mamadou Lamine Dieng. Le fait est que c’est la pratique habituelle. Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé et Lamine Dieng risquent d’attendre encore longtemps. Chaque fois qu’un mis en cause ou un inculpé déclare avoir une relation avec ces derniers, le juge procèdera à son audition ; et chaque fois également qu’un téléphone révèle une relation du propriétaire avec ces derniers, le magistrat instructeur préférera entendre le propriétaire d’abord. Ce qui va retarder davantage leurs auditions au fond.
Par ailleurs, les proches de l’animateur dénoncent également les méthodes utilisées par les gendarmes. A les en croire, les téléphones sont utilisés sans l’autorisation du propriétaire ; ce, en violation du Code de procédure pénale. Selon eux, les droits de la défense ne sont pas respectés dans cette affaire. Dans la recherche de preuves pour la manifestation de la vérité, la justice piétine les règles, selon eux.
Il est clair, en tout cas, que cette affaire des présumés homosexuels n’a pas encore révélé tous ses secrets. Et quels que soient les aveux des mis en cause, ils restent encore présumés innocents jusqu’à ce qu’ils fassent l’objet de condamnation par une juridiction de jugement.
Alassane DRAME