Face aux difficultés liés à l’accès au crédit, l'insuffisance de garanties et les exigences des institutions financières, le Fongip a initié le Pacte national pour la promotion du financement et de l’accompagnement des femmes entrepreneures, en collaboration avec les partenaires techniques et financiers, en vue de faciliter l'accès des femmes à des financements adaptés à leurs besoins et à leurs ambitions.
« Derrière chaque femme entrepreneure, il y a une activité économique à développer, des emplois à créer, une famille à soutenir et souvent toute une communauté à faire avancer. Financer une femme entrepreneure n'est pas seulement financer une entreprise, c'est investir dans l'avenir de notre pays. Pourtant, malgré leur courage et leur dynamisme, de nombreuses femmes restent confrontées à des difficultés d'accès au crédit, l'insuffisance de garanties, la faiblesse de fonds propres et les exigences des institutions financières freinent encore la réalisation de projets pourtant prometteurs. Nous ne pouvons pas encourager les femmes à entreprendre tout en les laissant seules face aux obstacles de financement », explique l’Administrateur général du Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip), Ndèye Fatou Mbodj, dans son diagnostic sans complaisance des obstacles qui freinent l’entreprenariat féminin. En effet, c’est pour apporter des réponses concrètes à ces difficultés que le Fongip a initié le Pacte national pour la promotion du financement et de l’accompagnement des femmes entrepreneures qui a été lancé hier en présence des partenaires techniques et financiers. Selon la patronne du Fongip, le Pacte national doit renforcer la collaboration entre les institutions publiques, les banques, les structures d'accompagnement et les partenaires au développement, afin de faciliter l'accès des femmes à des financements adaptés à leurs besoins et à leurs ambitions. A l'en croire, depuis son arrivée à la tête du Fongip en 2024, elle a œuvré à améliorer les mécanismes d'intervention et à faire de la garantie un véritable instrument de facilitation de l'accès au financement, particulièrement pour les entreprises qui rencontrent des difficultés à mobiliser les garanties exigées. Comme en témoignent les résultats. « Sur la période de notre bilan, le Fongip a enregistré 1385 lignes de crédit garanti, correspondant à un mouvement global de crédit de 30,1 milliards de francs Cfa. Parmi ces opérations, 571 lignes de crédit garanti ont bénéficié à des femmes pour un montant de financement mobilisé de 4,3 milliards de francs Cfa, soit 14,3% du montant global des crédits mobilisés », fait remarquer Ndèye Fatou Mbodj qui admet tout de même que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour accroître la part de financement destinée aux femmes. « Notre ambition ne saurait se limiter à garantir davantage de crédits. Nous voulons permettre à davantage de femmes de consolider leurs entreprises, d'accroître leur production, de conquérir de nouveaux marchés et de créer durablement des emplois. Le véritable succès sera de voir davantage de femmes accéder au financement, développer leurs entreprises et prendre toute leur place dans la transformation économique du Sénégal », ajoute Mme Mbodj, avant d’inviter les femmes qui s’activent dans tous les secteurs d’activités à structurer leurs projets, à préparer leurs dossiers et à se rapprocher du Fongip qui peut, dit-elle, être un levier pour accompagner l’ambition des femmes entrepreneures. Elle n’a pas manqué non plus de se désoler de constater que les projets d’envergure de plus de 500 millions soient plus portés par les hommes que par les femmes alors que celles-ci, encense-t-elle, sont braves et remboursent leurs crédits. En effet, la patronne du Fongip indique qu’elle ne veut plus de petits montants mais de gros montants pour les femmes entrepreneures.
M. CISS