POLITIQUE DE SOUVERAINETÉ DU SÉNÉGAL : Ousmane Sonko cite l’exemple de l’Iran qui fait face aux USA après plus de 40 ans d’embargo




 
 
 
À l’occasion de la Korité célébrée à Ziguinchor, le Premier ministre a livré un discours offensif sur la souveraineté, appelant à l’autonomie nationale tout en réagissant fermement aux menaces de suspension de financements européens. Ousmane Sonko a donné l’exemple de l’Iran qui a été sous embargo occidentale pendant 40 ans.
 
Au sortir de la prière de l’Aïd el-Fitr, dans son fief de Ziguinchor, Ousmane Sonko a placé la souveraineté au cœur de son intervention. Il a appelé les Sénégalais à s’engager pleinement dans la construction d’un État indépendant, capable de définir librement ses choix politiques et économiques. Pour illustrer son propos, Ousmane Sonko a convoqué l’exemple de l’Iran, pays soumis depuis plusieurs décennies à des sanctions économiques et à un embargo international de plus de 40 ans. Selon lui, «la capacité de Téhéran à résister dans un environnement hostile repose sur un travail de fond mené sur plusieurs décennies. Si aujourd’hui l’Iran résiste malgré presque quarante ans d’embargo, c’est qu’il a créé les conditions de sa souveraineté», a-t-il expliqué, citant notamment les avancées dans les domaines technologique, économique et militaire.
 
 
 
«La souveraineté ne se décrète pas»
 
 
«La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit», a-t-il martelé. Selon lui, «la dépendance excessive aux financements extérieurs constitue un obstacle majeur à cette ambition. Quand vous dépendez trop de l’extérieur, vous êtes difficilement souverain», a-t-il averti.
 
Fatou DIOP
 
 
Sonko répond à la ministre wallonne de l’Énergie, Cécile Neven
«Nous n’avons pas besoin de leurs financements. Ils peuvent retourner dans leur pays. Je vais formaliser cette position à travers une correspondance»
 
Sonko a aussi répondu aux critiques formulées par la ministre wallonne de l’Énergie, Cécile Neven, après le durcissement de la législation sénégalaise sur les actes contre-nature. Dans une vidéo, la responsable belge a annoncé la réévaluation des financements climatiques accordés au Sénégal, évoquant la nécessité d’aligner la coopération internationale sur des principes liés aux droits humains. Elle a également annulé un déplacement prévu à Dakar, laissant planer la possibilité d’un gel des appuis financiers.
Une prise de position qui a suscité une réaction immédiate de Ousmane Sonko. Depuis Ziguinchor, le Pm a rejeté toute forme d’ingérence dans les affaires internes du pays, assumant une ligne de fermeté. «Nous n’avons pas besoin de leurs financements. Ils peuvent retourner dans leur pays», a-t-il lancé. Le Premier ministre a même annoncé son intention de formaliser cette position à travers une correspondance officielle adressée aux autorités concernées.
Pour lui, «les partenariats doivent être équilibrés et respectueux des choix souverains du pays, sans conditionnalités jugées contraires à ses valeurs. La souveraineté a un prix», a-t-il insisté.
 
 
FD
 
LES ECHOS

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