Lors de leur dernière conférence de presse, les avocats de Mame Mbaye Kan Niang avaient informé d’une plainte déposée sur la table du procureur de la République contre le ministre des Finances, celui de la Justice ainsi que le Premier ministre. Il nous revient que le Procureur Ibrahima Ndoye a bien été saisi et dans la plainte, la défense de Mame Mbaye Niang poursuit Cheikh Diba pour faux, Ousmane Sonko et Yassine Fall pour usage de faux et association de malfaiteurs et tentative d’escroquerie à jugement et complicité contre X.
C’est encore et toujours le gatsa-gatsa (coup pour coup) entre Mame Mbaye Kan Niang et Ousmane Sonko. La décision de la Cour suprême sur le rabat d’arrêt est loin de boucler le combat. L’acte posé par le Premier ministre qui, par le biais du ministre de la Justice a saisi la Cour suprême pour la révision de son procès contre l’ancien ministre du Tourisme sous Macky Sall, a suscité le courroux de Mame Mbaye Niang qui a répliqué en déposant une plainte contre lui. En fait, dans la plainte qui a été déposée sur la table du procureur de la République, l’ancien ministre de la Jeunesse a visé le ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba, le Premier ministre Ousmane Sonko et le ministre de la Justice Yassine Fall.
Mes Baboucar Cissé, El Hadji Moustapha Diouf, El Hadji Oumar Youm, Ousmane Thiam et Ramatoulaye Bâ, les conseils de Mame Mbaye Niang, ont visé le délit de faux contre Cheikh Diba, usage de faux, association de malfaiteurs et tentative d’escroquerie à jugement contre Ousmane Sonko et Yassine Fall et complicité de ces chefs contre X qui aurait assisté ou profité de ces faux documents. Car, selon le collectif des avocats de la défense, il y a bel et bien un faux commis par le ministre des Finances. En effet, selon la défense, Ousmane Sonko avait d’abord dit que leur client a été épinglé par le rapport de l’Inspection générale d’Etat avant de se rectifier pour dire qu’il voulait parler de l’Inspection générale des finances. En guise de preuve, il avait visé un site web en donnant le lien du site. Seulement, selon Me Baboucar Cissé et Cie, il s’agit d’un pré-rapport résultant d’une mission confiée à une équipe de vérificateurs dont le chef Samba Laobé Fall est décédé «avant même la fin de la vérification et le dépôt du rapport définiti ».
Selon les avocats, Ousmane Sonko a donc usé de sa position de Premier ministre pour instruire Cheikh Diba de reprendre le faux rapport pour le valider afin de l’utiliser dans le cadre d’une procédure de révision du procès par le biais de Yassine Fall. Ainsi, la validation du pré-rapport par le ministre des Finances alors que l’enquête n’a pas été finalisée est un faux intellectuel «par son défaut de véridicité». Cheikh Diba, dénoncent-ils, a apposé sa signature là-dessus alors que le document n’a pas été discuté ni finalisé. Or, selon les avocats, les procédures de vérifications obéissent à des normes et principes dont celui du contradictoire. Et le principe du contradictoire n’a pas été respecté dans le fameux rapport évoqué.
Certes, dans une lettre estampillé «Secret» le coordonnateur d’alors des finances Babou Ngom avait saisi le coordonnateur du Prodac pour partager sa «première opinion», «au terme de cette séquence», malheureusement, le chef de la mission est décédé mettant fin à l’enquête et cela a été attesté par Amadou Bâ, ministre des Finances à l’époque, dans une interview. C’est donc ce faux rapport qu’Ousmane Sonko a remis à Yassine Fall qui en a fait usage, le prenant pour le fait nouveau afin de solliciter la révision du procès, accuse la défense de Mame Mbaye Niang. Ces faits, selon les robes noires, sont constitutifs des délits d’association de malfaiteurs, de faux et usage de faux et de tentative d’escroquerie à jugement.
Alassane DRAME