PÈLERINAGE ÉDITION 2026 : Inscriptions en retard, risques de forclusion pour des milliers de pèlerins




 
 
Alors que l’Arabie Saoudite anticipe de plus en plus les opérations liées à l’organisation du Hadj, l’édition 2026 s’annonce particulièrement contraignante pour les pays d’envoi de pèlerins. Au Sénégal, les autorités et les organisateurs privés tirent la sonnette d’alarme face à la lenteur des inscriptions et aux multiples difficultés administratives. Cheikh Bamba Dioum, 1er vice-président du Regroupement des organisateurs privés pour le Hadj et la Oumra au Sénégal (Renophus), appelle à une mobilisation urgente des candidats au pèlerinage.
 
Selon Cheikh Bamba Dioum, l’Arabie Saoudite «change constamment le calendrier du Hadj et accélère la cadence» depuis plusieurs années. Mais l’année 2026 marque «un tournant décisif», avec l’anticipation de plusieurs mois des opérations d’inscription et de paiement des services. Une situation qui oblige le Sénégal à revoir en profondeur son organisation.
C’est dans ce contexte que la Délégation générale au pèlerinage (Dgp) a officiellement lancé les inscriptions dès le 25 juillet 2025. Une initiative qui n’a pas produit l’effet escompté. «Il n’y a pas eu le rush attendu», regrette le responsable du Renophus, soulignant que le nombre de pèlerins déjà enregistrés demeure très faible. Surtout que les formalités médicales, la vaccination, l’obtention du passeport ainsi que la double saisie des données des pèlerins, à la fois sur la plateforme informatique nationale et sur le portail saoudien doivent se dérouler en moins d’un mois, alors qu’auparavant elles étaient étalées sur deux mois, explique Cheikh Bamba Dioum.
Officiellement, la clôture des inscriptions est fixée au 7 février. Mais, dans les faits, les candidats doivent impérativement finaliser toutes les formalités au plus tard le 1er février, afin de permettre la saisie définitive des données. «Voilà pourquoi les candidats au pèlerinage doivent se hâter pour s’inscrire le plus tôt possible, au risque d’être forclos», avertit-il.
La situation est d’autant plus préoccupante qu’aucun certificat médical n’a encore été délivré à ce stade. En cause, la procédure qui exige d’abord une saisie en brouillon sur le portail, laquelle sera ensuite confirmée par le certificat délivré par un médecin. Face aux risques d’arnaque, Cheikh Bamba Dioum insiste également sur la nécessité de passer exclusivement par des agences agréées. Il rappelle que la Délégation générale a formellement interdit aux agences de voyages non agréées de faire de la publicité ou de recruter des pèlerins pour le Hadj.
Tout en reconnaissant les exigences sanitaires de l’Arabie Saoudite, Cheikh Bamba Dioum plaide pour des examens réalisés « dans les règles de l’art», sans multiplier des analyses lourdes et chronophages. Autre point de préoccupation majeur, le transport aérien. La compagnie Air Sénégal a été choisie pour convoyer les pèlerins, mais le prix du billet reste inconnu. Pourtant, une avance de 750.000 francs Cfa, représentant près de 50% du coût, a déjà été exigée. «Un billet Dakar–Médine qui avoisinerait 1.500.000 francs Cfa, alors qu’en moyenne il est autour de 800.000 francs, est excessif», estime le responsable du Renophus.
Il appelle ainsi le gouvernement à faire preuve de souplesse. «Le cours du dollar a baissé, tout comme celui du kérosène. Cela doit se répercuter sur le prix des billets», plaide-t-il.
 
Baye Modou SARR
 
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