À la veille du match décisif face au Bénin, Pape Thiaw s’est présenté en conférence de presse avec un discours maîtrisé. Pour lui, il n’y a qu’une seule option : gagner. Et ce, sans calculer.
En conférence de presse d'avant-match, Pape Thiaw a confié vouloir aller dans ce match contre le Bénin sans calcul. Le sélectionneur a d’abord insisté sur la méthode. «Nous préparons ce match avec beaucoup de sérieux et de calme. Nous analysons ses points forts et ses points à améliorer», explique Pape Thiaw. Pour lui, «il faut être tranchants et déterminés pour aller chercher cette victoire qui nous tient à cœur. Si nous respectons notre plan, nous avons nos chances d’obtenir la victoire.»
“Les joueurs ont tellement envie de savourer qu’ils se déconcentrent parfois”
Le manque de réalisme reste un axe de travail assumé. «Le plus dur, c’est de se procurer des occasions. On y travaille, on les obtient. Il faut maintenant les concrétiser», reconnaît le technicien sénégalais. Sans accabler ses joueurs, il nuance : «le dernier geste appartient aux joueurs, qui ont tellement envie de savourer qu’ils se déconcentrent parfois, ou alors il y a un bon gardien en face.» Et d’espérer : «on travaille pour ça et espérons que demain (aujourd’hui), cela va prendre.»
Ibrahim Mbaye, “un joyau à bien couvrir”
À seulement 17 ans, Ibrahim Mbaye cristallise les attentes. «C’est une chance d’avoir un joueur comme Ibrahim, qui est en train de montrer de bonnes choses et de gagner des titres à 17 ans», souligne Pape Thiaw. Mais la prudence est de mise : «maintenant, il faut bien le couvrir, c’est un joyau. On sait ce qu’il peut apporter à l’équipe.» Thiaw dit d’ailleurs bien le connaître : «je suis parti le chercher plusieurs fois, notamment en Youth League. C’est un garçon éduqué. Ibrahim est apprécié partout au Sénégal. À 17 ans, accepter de jouer pour son pays d’origine et rendre fiers ses parents, c’est fort.»
Un regret néanmoins : «j’aurais aimé qu’il soit là lors de notre dernier entraînement au stade Léopold Sédar Senghor pour voir comment le pays l’aime.»
Sarr – Iliman : liberté et confiance
Le duo offensif garde toute la confiance du staff. «Ce sont deux joueurs intelligents qui peuvent jouer sur tous les postes. Ils ont la liberté de permuter», explique Thiaw. Concernant Ismaïla Sarr : «on ne l’a pas encore vu comme on le connaît. Il n’a pas encore la réussite, mais on est là pour l’aider.» Et d’assurer : «ça viendra demain (aujourd’hui) ou dans les matchs à venir.»
Favori mais vigilance permanente
Le Sénégal ne se cache pas. «On assume qu’on fait partie des favoris», affirme le sélectionneur. Mais la Can impose l’humilité : «on sait qu’une Can reste difficile. Les matchs se gagnent sur le terrain.» La seule voie possible : «continuer à travailler pour avoir les trois points. Quoi qu’on dise, on est premier au classement. Mais il y aura un match difficile demain (aujourd’hui)», rajoute Thiaw.
Choix forts et concurrence saine
La richesse de l’effectif est un défi quotidien pour Pape Thiaw. «Quand on a des joueurs compétitifs, qui ont tous envie, il y a des choix à faire», confie Pape Thiaw. Avec lucidité : «ce n’est pas du tout facile. Espérons que ce soient les bons.» Mais l’état d’esprit reste irréprochable : «On a un groupe où la concurrence est saine.»
Fraîcheur et gestion de l’effectif
Tout n’est pas encore parfait. «Sur certains aspects, il y a un équilibre. Mais on peut faillir sur d’autres», analyse-t-il. Après deux matchs disputés : «il y a certaines choses à régler et on travaille là-dessus.»
La répétition des matchs impose des décisions réfléchies. «On a des joueurs compétitifs, qui sont prêts. Le match de demain (aujourd’hui) demande beaucoup de joueurs frais», insiste le sélectionneur. Sans dévoiler ses cartes : «On est en train de voir la meilleure des solutions».
La clé du match : “l’humilité avant tout”
Le mot revient comme un mantra. «La clé, ce sera l’humilité. C’est important», insiste le sélectionneur. Conscient des exigences du haut niveau : «l’équipe a assez souffert. La fraîcheur va beaucoup jouer. Ça peut se jouer sur des détails.»
Pas question de regarder plus loin surtout quand on l'interpelle sur le futur adversaire du Sénégal en 8e de finale. «Quand on est favori, on ne doit pas se soucier de la suite», tranche Thiaw. Peu importe l’adversaire à venir : «si on doit se déplacer pour affronter n’importe quelle équipe, on le fera.»
Une certitude toutefois : «de l’autre côté aussi, personne ne voudra affronter le Sénégal.»
Onze de départ : mystère entretenu
Impossible d’arracher un indice. «Il faut un peu de patience pour savoir s’il y aura des changements ou pas. Je ne vais pas dévoiler le onze. Nos amis béninois sont là», sourit-il. Avant de conclure : «sinon, il n’y aura pas de surprise. Si on respecte notre plan de jeu, on a toutes nos chances. Mais un match n’est jamais gagné d’avance.»