À Bambali, la première pierre du projet agro-industriel de Sadio Mané n’a pas seulement donné lieu à des discours sur l’investissement et le développement. Elle a aussi offert une savoureuse parenthèse politique. Face à l’enfant du terroir, Ousmane Sonko a sorti l’arme de la taquinerie, tout en prenant soin de préciser qu’entre eux, il n’y a, officiellement, « aucune relation politique ». Jusqu’à preuve du contraire…
Samedi 19 septembre, Bambali avait des allures de capitale politique le temps d’une cérémonie. Foule nombreuse, figures publiques, discours et, au milieu de tout cela, une petite passe d’armes qui n’a rien à envier aux duels sur un terrain de football.
Ousmane Sonko, invité d’honneur de la cérémonie de pose de la première pierre du parc agro-industriel SM10 Agro, a tenu à clarifier ses rapports avec Sadio Mané. Une précision qui aurait pu rester protocolaire. Elle s’est transformée en séquence politique et humoristique. « Je n’ai pas de relation politique avec Sadio. Sadio Mané ne fait pas de politique. En tout cas, pas à ma connaissance », a déclaré le président de l’Assemblée nationale.
Sonko n’a pas résisté à la tentation de pousser le scénario jusqu’en 2029. Et puisqu’un footballeur africain a déjà franchi le pas entre pelouses et palais présidentiel, le cas George Weah était tout trouvé. « Peut-être que Sadio sera candidat en 2029. George Weah a bien été président du Liberia », lance-t-il, avant de sortir la véritable punchline : « si l’aventure vous tente, Sadio, sachez que vous aurez en face de vous Ousmane Sonko. En ce moment, le football, c’est toi. Mais la politique, c’est moi. »
Comme pour transformer Bambali en mini-arène électorale, Sonko pousse la plaisanterie jusqu’au terrain de Sadio Mané. «Même ici, chez toi, je te battrai», lance-t-il au footballeur, provoquant les rires de l’assistance. En évoquant spontanément l’hypothèse d’une candidature de Sadio Mané en 2029, Ousmane Sonko introduit, même sur le ton de l’humour, le nom du champion dans le grand théâtre des ambitions politiques sénégalaises.
Sonko insiste pourtant sur un point, il ne voit pas en Sadio Mané un partenaire politique. Il parle d’un « frère » qu’il estime, comme d’autres sportifs avec lesquels il entretient des relations. « Je n’ai pas de relation politique avec Monsieur Sadio Mané. C’est un frère que j’estime beaucoup », affirme-t-il. Une manière de couper court aux spéculations… tout en venant lui-même de les alimenter avec une hypothèse présidentielle pour 2029. Et comme si cela ne suffisait pas, Sonko ajoute une autre facette au portrait de l’enfant de Bambali, l’imam. « Je le considère comme un imam », affirme-t-il, dans une intervention qui mêle admiration, proximité personnelle et humour politique.
Fatou DIOP