OUSMANE SONKO SONNE LA CHARGE DEPUIS LE MAROC : « Le système tombera, le projet ira jusqu’au bout »




 
En visite officielle au Maroc, le Premier ministre et président de Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko, a tenu un discours offensif devant la communauté sénégalaise établie dans le royaume chérifien. Entre dénonciation des « manigances du système », mise en garde contre « l’État profond », annonces de rupture économique et promesse de défendre les ressortissants sénégalais à l’étranger, le chef du gouvernement a réaffirmé sa détermination à mener le projet Pastef jusqu’à son terme, coûte que coûte.
 
SONKO DÉFIE LE « SYSTÈME » DEVANT LA DIASPORA SÉNÉGALAISE
« Je ne tiens même pas compte des manigances au sommet de l’État. Les fidèles du système tomberont comme un château de cartes », a lancé Ousmane Sonko, hier au Maroc, devant les ressortissants sénégalais établis dans le royaume chérifien. Le Premier ministre a tenu à rappeler son engagement indéfectible envers le peuple : « Je sais le contrat qui me lie au peuple et jamais je ne le trahirai ». En visite officielle au Maroc, Ousmane Sonko a, à l’issue de son agenda diplomatique, rencontré la communauté sénégalaise pour une séance de travail doublée d’un temps fort politique. Face à ses partisans, il a tenu à remobiliser les troupes, convaincu que le projet qu’il porte reste confronté aux résistances persistantes de l’ancien système.
 
« LE PROJET PASTEF DOIT ALLER À SON TERME »
« Je réitère aux Sénégalais que le combat, le projet Pastef que nous avons vendu au peuple, fait aujourd’hui face à un système que l’on aurait pu écarter, éliminer. Nous faisons face à des combines. Mais ce projet doit aboutir et arriver à son terme », a martelé le président de Pastef-Les Patriotes. Selon lui, ce n’est qu’à l’aboutissement de ce projet que les réformes promises, souveraineté, discipline citoyenne, capital humain, pourront être pleinement mises en œuvre. « Nous l’exécuterons à 300 %. Le savoir est là, l’audace est là. C’est ainsi que les nations se distinguent », tranche-t-il, répondant à ses détracteurs de tous bords.
 
LA JUSTICE, PLAIE BÉANTE DU SYSTÈME SÉNÉGALAIS
Resté relativement silencieux dans l’arène politique ces derniers mois, Ousmane Sonko est revenu sur l’un des sujets les plus sensibles : la justice. « L’un des problèmes fondamentaux de ce pays, si on ne fait pas ce qu’il faut pour le changer, c’est la justice. J’assume tout ce que je dis », affirme-t-il. Il dénonce l’existence d’« un clergé de magistrats » qu’il accuse d’être à l’origine de nombreux dysfonctionnements. « Le moment venu, j’en parlerai », prévient-il, assurant que cette question devra être réglée pour refonder l’État de droit.
 
« L’ÉTAT PROFOND EST TOUJOURS À L’ŒUVRE »
Sous un tonnerre d’applaudissements et de chants à sa gloire, le leader de Pastef a ravivé un discours sans concession. « L’État profond est toujours présent. Les mêmes personnes, qui ont traversé les régimes, continuent de manigancer. Nous faisons toujours face à eux », accuse-t-il. Convaincu du soutien populaire, il se veut rassurant. « Ce vaillant peuple sénégalais ne laissera jamais prospérer une entreprise de répression. Ma seule conviction, c’est de voir que le peuple est derrière nous. »
 
REPRISE EN MAIN DE L’ÉTAT ET RUPTURE ÉCONOMIQUE
Évoquant les rencontres avec le secteur privé marocain, Ousmane Sonko a dévoilé les contours de sa doctrine économique, qu’il présente en rupture avec les pratiques de l’ancien régime. « Nous avons fait savoir aux entreprises que certains avantages accordés gratuitement au détriment du peuple seront supprimés », révèle-t-il. Les exonérations fiscales systématiques sont appelées à disparaître. « L’État doit aussi bénéficier des retombées des investissements. Nous sommes dans un processus de reprise en main, pour refaire les fondations d’un véritable État de droit », insiste-t-il.
 
DÉFENDRE LES SÉNÉGALAIS DE L’EXTÉRIEUR, SANS CONCESSION
Cette rencontre avec la diaspora intervient dans un contexte sensible, marqué par les tensions survenues lors de la finale de la CAN entre le Sénégal et le Maroc. Sans détour, Ousmane Sonko a réaffirmé la détermination de l’État à défendre ses ressortissants. « Nous n’accepterons jamais qu’on nous rabaisse ou qu’on nous dicte notre conduite. Mais pour exiger le respect et la réciprocité, nos compatriotes doivent être irréprochables dans leurs pays d’accueil », a-t-il plaidé.
Et somme sous les acclamations, il enchérit, « nous savons prendre nos responsabilités. On n’acceptera jamais que des Sénégalais soient humiliés, où que ce soit. Mais ce combat, nous devons le mener ensemble » conclut-il.
 
 
BMS
 
LES ECHOS

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