OUSMANE SONKO, PRESIDENT DE PASTEF SUR SON LIMOGEAGE DE LA PRIMATURE «Le divorce pouvait être plus brutal si…»




 
 
A Dakar Aréna hier, devant une foule immense, au lendemain de son plébiscite comme présidentd e Pastef, Ousmane Sonko est revenu sur son divorce avec le président de la République sans le nommer. Il a aussi mis en garde les marchands de crise, l’Armée et la justice.
 
 
Ousmane Sonko a noté un fait qu’il considère comme un problème en Afrique. Il estime que les personnes élues se croient supérieures à tout le monde. «Notre problème en Afrique, c’est que dès qu’une personne est élue, elle se croit maître de tout le monde, que les gens, elle doit les regarder de haut. Cela n’est pas endosser le manteau de responsable. Elle doit avoir conscience qu’elle est au service des concitoyens. C’est avoir beaucoup plus d’humilité et être à l’écoute de chacun et de chacune d’entre vous car elle est le serviteur», explique-t-il.
Ousmane Sonko a profité de cette tribune de Dakar Aréna pour expliquer aux militants ses différentes sorties de prévention aux dates du 5 juillet et du 8 novembre 2025. L’objectif, selon lui, était de faire disparaître le parti et de le réduire politiquement à néant. «Cette clarification devait être faite. Il se préparait un coup contre moi. Leur mission, c’était de faire disparaître le parti. Tant que le parti est toujours sur la ligne, personne n’y pourra rien du tout», dit-il.
 
 
«Ni surpris, ni déçu»
 
 
 
Poursuivant son propos, le président de Pastef révèle la confidence de chefs d’État et de hauts responsables internationaux. «Avec cette situation, beaucoup de chefs d’État et de hauts responsables internationaux nous ont manifesté leur déception. Mais moi, je n’ai été ni surpris, ni déçu. Je rends grâce à Dieu. Ce jour-là, j’ai rendu grâce à Dieu car le divorce pouvait être plus brutal. Pastef en sort pour être la plus grande formation politique du Sénégal. Les Sénégalais savent maintenant qui est pour la rupture et le changement et qui prône le statu quo ou le retour de l’ancien système. Cette situation que nous vivons a été comprise dès les premiers moments de la gouvernance. C’est pourquoi nous avions décidé d’aller seuls aux joutes parlementaires sous la bannière de Pastef pour contrôler notre Assemblée. Et si nous n’avions pas contrôlé l’Assemblée à ce moment-là, cela aurait été la catastrophe. C’est cela la clarification institutionnelle.»
 
 
«Les marchands de crise…»
 
 
 
L’ancien Premier accuse tous azimuts ceux qui défendent la thèse de la crise institutionnelle depuis qu’il est installé à la présidence de l’Assemblée nationale. «Les marchands de crise veulent faire croire aux Sénégalais, pour leur permettre de continuer à recevoir des mallettes du palais, qu’il y a une crise. Il n’y a aucune crise institutionnelle au Sénégal. C’est le même peuple qui a confié les pouvoirs aux deux groupes.»
 
 
Avertissement à l’armée et à la justice
 
 
Pour Sonko, «ce pays a assez souffert des complots et des combines. Le haut fonctionnaire doit se limiter à ce que la loi lui demande de faire, pas autre chose. Le haut gradé ne doit pas accepter d’être la main armée pour liquider un adversaire pour les beaux yeux d’un président de la République. Que chacun se rappelle qu’il est là pour remplir une fonction au nom du peuple sénégalais. Refusez d’exécuter des ordres politiques du président de la République», lance Ousmane Sonko.
Le président de Pastef a évoqué les élections locales. Je précise que je suis contre le report des élections locales. Au Sénégal, personne ne peut reporter une élection sans passer par l’Assemblée nationale pour le vote d’une loi d’habilitation. Donc, nous invitons le président de la République à signer le décret pour fixer les joutes électorales. Cette lenteur n’a aucun sens», lance le candidat de Pastef.
 
Fatou DIOP
 
 
 
 

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