OUSMANE SONKO POSE LES FONDATIONS DE L’ÉTAT SÉCURITAIRE ET MUSCLE LA POLICE NATIONALE : Budget record de 150 milliards, la démagogie sécuritaire enterrée, tolérance zéro et rupture avec l’ancien régime




 
 
 
En visite de travail à la Direction générale de la Police nationale et à l’École nationale de police, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé un budget inédit de 150,8 milliards F Cfa pour 2026, soit une hausse de plus de 18%. Au-delà des chiffres, le chef du gouvernement a livré un discours de rupture, priorité sécuritaire assumée, dénonciation frontale de la gestion du régime précédent, combat total contre la corruption, exigence de rigueur et vision stratégique arrimée au projet Sénégal 2050. Entre annonces concrètes, confidences inédites et hommages appuyés, le Premier ministre a tracé les contours d’une police modernisée, pilier de la souveraineté nationale.
 
C’est un chiffre qui marque un tournant. Pour l’exercice 2026, le budget de la Police nationale est arrêté à 150.86 milliards F Cfa, contre 127,19 milliards F Cfa en 2025, soit une hausse de 18,31 %. Une progression significative dans un contexte budgétaire que le Premier ministre qualifie lui-même de contraint. «L’importance stratégique que nous accordons à la Police nationale a justifié qu’il n’y ait non seulement pas de coupes, mais que son budget soit réévalué à la hausse», a déclaré Ousmane Sonko, en présence du ministre de l’Intérieur Mouhamadou Bamba Cissé, du ministre des Forces armées le général Birame Diop, du ministre des Finances Cheikh Diba et du Directeur général de la Police nationale Mame Seydou Ndour.
 
 
 
Des investissements ciblés et mesurables
 
«Je ne suis pas venu pour des discours de façade, je suis venu voir, comprendre et décider», a-t-il lancé devant les responsables policiers. Tout au long de la matinée, Ousmane Sonko a assisté à des présentations détaillées des services, à des démonstrations de police scientifique et à des dispositifs de surveillance électronique. Une immersion qu’il dit avoir appréciée. «Ce que vous nous avez présenté aujourd’hui nous rassure et nous motive. Il y a ici des compétences, de la technicité et un sens élevé du devoir», a-t-il salué.
 
 
 
«La modernisation de la police n’est pas un luxe»
 
 
Au cœur de son message, le Premier ministre a martelé une conviction forte. «La modernisation de la Police nationale n’est pas un luxe, c’est un gage d’efficacité opérationnelle», a-t-il affirmé, liant directement sécurité et développement. «Il n’y a pas de développement socio-économique durable sans sécurité intérieure suffisante», a-t-il poursuivi.
 
 
 
 
 
 
Lutte contre la corruption, l’exemple de “l’adjudant Amoul Yaakaar”
 
Moment fort de la visite, l’hommage rendu à un policier devenu symbole. «Parmi ceux qui ont fait des présentations, il y a quelqu’un de très célèbre dans ce pays, surnommé “Adjudant Amoul Yaakaar”. Moi, je préfère l’appeler “Adjudant Amna Yaakaar”», a déclaré le Premier ministre, sous les applaudissements. Pour Ousmane Sonko, le message est clair. « S’il est surnommé “Amoul Yaakaar”, c’est parce que lorsqu’on tombe sur lui en infraction, il n’y a aucune négociation possible. Et c’est exactement ce que nous voulons encourager », martèle Sonko devant les dizaines d’agents de police qui ont répondu présent à son appel.
Le chef du gouvernement a élargi son propos à une dénonciation globale. «Du milliard remis discrètement à un président, à un Premier ministre ou à un Directeur général, jusqu’aux mille francs donnés sur la circulation, tout cela relève de la même logique de corruption», a-t-il dénoncé. «Chaque franc détourné est un hôpital non construit, une école non équipée, une localité non électrifiée», a-t-il martelé, avant d’alerter sur les conséquences humaines. «La corruption routière peut être à l’origine d’un accident mortel survenu des semaines plus tard», éveille-t-il.
 
 
 
Charge contre l’ancien régime et appel à la rigueur
 
À l’École nationale de Police, Ousmane Sonko a durci le ton. «La matérialisation de nos ambitions aurait été plus rapide n’eût été un héritage douloureux, conséquence d’une gestion hasardeuse et opaque des ressources publiques», a-t-il déclaré. «On ne construit pas un pays dans la démagogie budgétaire, l’égoïsme et les manipulations politiciennes», a-t-il asséné, opposant à ces pratiques «la rigueur, la discipline, la transparence et l’amour de la patrie».
 
 
 
Une police au cœur de la souveraineté nationale
 
Le Premier ministre a réaffirmé sa vision stratégique. «La modernisation de la Police nationale est un impératif stratégique. Elle est au cœur de la souveraineté, de la stabilité et du développement du Sénégal». Il a exhorté le Directeur général de la Police nationale, sous l’autorité du ministre de l’Intérieur, à « poursuivre et approfondir les réformes engagées», convaincu que cette montée en puissance permettra au Sénégal de « maintenir et même d’élever son rang parmi les principaux contributeurs aux opérations de maintien de la paix des Nations-Unies ». Il insiste à rappeler la conviction du régime. « Nous avons choisi d’assumer. La sécurité du citoyen sénégalais n’est pas négociable», a conclu Ousmane Sonko.
 
Baye Modou SARR
 
 
 
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