Au terme de 52 heures de négociations intenses, le gouvernement et la coalition des syndicats d’enseignants du G7 ont signé un nouveau protocole d’accord. Devant les partenaires sociaux, le Premier ministre a tenu un discours de fermeté et de transparence, promettant des réformes profondes sans céder à la démagogie.
Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a reçu hier les membres de la coalition des syndicats d’enseignants du G7 pour procéder à la signature du nouveau protocole d’accord. À l’issue de 52 heures d’échanges entre le gouvernement, le G7 et les partenaires sociaux, le chef du gouvernement a tenu à rassurer les enseignants sur la posture de l’exécutif. «Notre gouvernement ne sera pas un gouvernement de démagogues», a-t-il affirmé d’emblée. Revenant sur l’état du système éducatif, il a dressé un diagnostic sans détour. «Notre système éducatif est très malade et nécessite une refonte. Je puis vous rassurer, nous ne vous refuserons rien de ce qui est possible. Nous sommes engagés, tous avec vous, dans un processus de réformes en profondeur. Nous ne vous promettrons jamais, pour sauver la situation et signer des accords, ce que nous ne pourrons pas honorer».
Évoquant la question des ponctions salariales opérées ces deux derniers mois, Ousmane Sonko a tenu à clarifier. «Les mesures que nous avons prises ne sont pas des actes de radicalité ou de confrontation. Nous ne serons jamais dans la démagogie». Le Premier ministre a, par ailleurs, garanti le respect des engagements pris. «Je peux vous assurer que ce qui a été signé ici sera respecté. Je n’attendrai pas des revendications pour faire ce que l’État doit faire. Nous sommes sensibles à vos préoccupations et nous travaillons à mettre en place un système de rémunération juste», a-t-il déclaré, prônant «un discours de vérité et de transparence».
Dans cette dynamique, il a insisté sur la nécessité de partager les réalités économiques du pays. «Il est important de mettre tout sur la table. Que chacun sache dans quelle situation se trouve le pays, quelles sont nos capacités réelles, ce que nous pouvons faire immédiatement, dans un an, dans cinq ans ou dans dix ans. Je ne pense pas que les travailleurs puissent trouver de meilleurs alliés que nous».
Toutefois, il a regretté les pertes d’heures d’enseignement dues aux grèves répétées, estimant à 152 heures le déficit à combler. Il a ainsi lancé un appel aux enseignants. «Je sais que vous êtes des patriotes convaincus et que vous ne ménagerez aucun effort pour rattraper ce retard. Le gouvernement accompagnera ce processus. Nous allons nous battre pour que l’école publique se réforme durablement». Réaffirmant son attachement au secteur, il a ajouté : «je peux être très ferme dans les discussions, mais je suis un fervent allié de l’enseignement. Je reconnais le bien-fondé de nombreuses revendications. C’est une question de contexte, de tempo et de calendrier. Nous poursuivons les mêmes objectifs».
«Plus de 70% des ressources de l’État sont consacrées au paiement de la dette»
Le chef du gouvernement a également évoqué les contraintes économiques, soulignant que «plus de 70% des ressources de l’État sont consacrées au paiement de la dette, ce qui asphyxie nos marges de manœuvre». Malgré cela, il assure que des efforts sont consentis pour éviter une hausse des prix, contrairement à d’autres pays de la sous-région, dans un contexte international marqué par les tensions, notamment au Moyen-Orient. Abordant la crainte d’une année blanche, il a partagé son inquiétude. «J’ai moi-même des enfants qui pourraient en subir les conséquences. On ne peut pas confier ses enfants à une institution et contribuer à la fragiliser». Avant de préciser que «l’école doit être aimée pour être servie. Nous tenons particulièrement à l’école publique, que je considère comme celle de l’égalité des chances».
Enfin, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité d’un dialogue permanent : «l’État a l’obligation d’écouter et de comprendre toutes les préoccupations. Mais nos partenaires doivent aussi écouter l’État. Nous tiendrons ce langage de vérité et de transparence dans tous les secteurs». La signature de ce protocole marque ainsi la fin de la grève des enseignants du G7 et ouvre une nouvelle phase de réformes pour le système éducatif sénégalais.
Fatou DIOP