Les élections territoriales sont reportées de fait. C’est la conviction du Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) qui a écrit à la Cour suprême pour lui signaler le non-respect du calendrier électoral. Modou Diagne Fada et Cie, qui faisaient face à la presse hier, ont déploré l’effondrement des fondements de notre République sous le régime Pastef.
Présidée par Modou Diagne Fada, nouveau coordonnateur du Front pour la défense de la démocratie et de la République, la conférence de presse de ladite organisée a été l’occasion pour ses membres d’annoncer la saisine de la Cour suprême du refus manifeste du gouvernement de respecter le Code électoral, concernant les élections locales. «En ne respectant aucune des prescriptions de la loi électorale en la matière, le gouvernement ne viole pas seulement l’Etat de droit, il manifeste en même temps tout le mépris qu’il a pour les Sénégalais», a-t-il fait savoir.
Au 20 août 2026, rappelle Diagne Fada, le ministre en charge des élections avait l’obligation légale de signer l’arrêté fixant le montant de la caution pour les élections territoriales, après concertation avec les acteurs politiques. Il n’en a rien fait ; pire, le gouvernement n’a donné à ce sujet aucune explication.
L’arrêté fixant la caution pour les prochaines élections locales devait être signé ce 20 août 2026
Poursuivant, le Fdr souligne que sans concertation aucune avec les acteurs du système électoral, le gouvernement impose un report de fait des élections territoriales qui auraient dû se tenir au plus tard le 17 janvier 2027. Le Fdr considère que cette affaire électorale révèle plus profondément «la crise politique dans laquelle notre pays est aujourd’hui plongé et qui voit la République plongée dans une prise en otage par une guerre de leadership».
Pour le Front, le régime s’installe ainsi dans une pratique dangereuse, celle du fait accompli, celle du mépris organisé des textes qu’il a pourtant le devoir de faire respecter. «C’est du reste le même mépris qui a conduit le Pastef, éclaté entre partisans du président de ce parti, entré par effraction à l’Assemblée nationale, et soutiens de l’ancien secrétaire général de cette organisation, à transformer les institutions de la République en instrument d’une honteuse guérilla politique. Une guérilla qui fragilise le Sénégal et le précipite chaque jour, un peu plus, sur une pente difficilement réversible», déplore Diagne Fada.
Alors que les deux partis rivalisent à coups de communiqués et de déclarations fracassantes, fait noter le Fdr, le Sénégal lui se délite progressivement et constate l’étendue des dégâts que l’ignorance, l’insouciance et la boulimie de ses actuels dirigeants ont fini d’instaurer dans le pays.
Malgré tout cela, le Fdr considère qu’il est encore possible de ramener tout le Sénégal à l’endroit. Pour ce faire, soutient Diagne Fada, il faut définitivement se convaincre qu’il n’y a pas grand-chose à espérer de ceux-là qui, deux années durant, se sont employés obstinément à déconstruire les fondamentaux de la République, ruinant l’économie nationale, agressant les travailleurs, usurpant les droits des citoyens.
Abdou Mbow annonce une commission d’enquête parlementaire pour voir comment cet argent a été dépensé
Abdou Mbow, qui charge encore une fois Ousmane Sonko, assure que la somme annoncée n’est pas exactement ce qui a été consommé. «On nous parle de 1,700 milliard de 2026, alors qu’en 2025, le même fonds avait 2 milliards plus les 3 milliards de 2024. Faites le calcul… Je suis un député et je connais les budgets alloués aux institutions», assure-t-il avant d’annoncer des actions concrètes pour élucider l’utilisation de ces fonds à travers une commission d’enquête parlementaire. «Nous allons aussi faire des questions écrites au ministre des Finances ; que l’on nous explique comment ces fonds ont été utilisés», promet Mbow.
Nd. Kh. D. F